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mardi 16 juillet 2013

Le briseur d'âmes

Une couverture classe et qui fait lugubre, un titre qui crie "faites un film inspiré de moi" et les mots "psychopathe" et "clinique psychiatrique" dans une même phrase, tout est fait pour donner envie de lire ce polar allemand de Sebastian Fitzek. Il faut dire que je commence à accrocher au genre. 


Après Le chuchoteur de Carrisi, qui était très bien foutu mais dont la fin partait un peu en couille, j'avais un peu peur, au fil de ma lecture du briseur d'âmes, de me retrouver à nouveau face à un thriller prévisible de A à Z. Et bien Le briseur d'âmes m'a bien divertie: Fitzek tire passablement bien son épingle du jeu dans ce huit-clos claustrophobe.

Un psychopathe sème la terreur à Berlin. Ses victimes sont retrouvées indemnes physiquement parlant. Aucune trace de torture ou de sévices quelconques. Mais leur mental semble sévèrement atteint: elles ne réagissent plus à rien, et semblent enfermées dans leur propre corps.

En cette veille de Noël, une tempête de neige fait rage au dehors de la clinique psychologique du Docteur Rassfeld. Le staff, réduit à son minimum, veille sur Linus, un musicien ayant abusé de substances illicites et ayant perdu la faculté de s'exprimer correctement, Greta, une vieille dame anxieuse et se sentant trop seule pendant la période des fêtes pour rester seule, et Caspar, un amnésique qui a tout oublié de son passé, et secrètement attiré par sa psy, Sophia.

Un accident viendra troubler le calme relatif de cette clinique haut de gamme et ammènera le terrible Briseur d'âmes au sein même de ce petit groupe - à moins que ce dernier ait toujours été parmi eux? S'en suivra un vrai parcours de survie dans une atmosphère claustrophobe à souhait, ponctuée de disparitions, de morts violentes et de devinettes.

Le briseur d'âmes se lit vite et bien. On l'imagine très bien transposé au cinéma: un décors glauque, des personnages douteux, un danger incessant et un tueur mystérieux à la technique plutôt étonnante.

Si Le chuchoteur était plus tendu du slibard mais m'avait déçue par une fin un peu trop expéditive, Le briseur d'âmes est son exacte opposé. J'ai trouvé le style de Fitzek un brin trop clean. Certes, son roman se lit presque d'une traite, mais je n'ai à aucun moment ressenti de sentiment d'horreur ou de suspense. Ou alors, à force de regarder des thrillers, films d'horreur, séries policières et autres, je suis devenue un peu blasée du genre. La fin du livre, par contre, était plus travaillée, si pas carrément un brin tirée par les tifs.

Un bon p'tit bouquin policier à lire si vous avez envie que le temps passe plus vite, où que vous soyez (à la piscine, dans le tram, au bureau...)

mardi 9 juillet 2013

De bons voisins

Voici un des meilleurs thriller et analyse psychologique que j'ai lu. Et si le résumé vous semblera familier, c'est parce que le sujet couvre un fait divers abominable datant de 1964: le meurtre de Kitti Genovese, qui a aussi inspiré un autre roman, "Est-ce ainsi que les femmes meurent" de Didier Decoin, lui-même adapté au cinéma en 2012 sous le titre "38 témoins".



Nous sommes donc en 1964, à 4h du matin. Kat sort du bar où elle travaille et  rentre chez elle, ne désirant rien d'autre qu'un bon bain. Mais un destin bien funeste et extrêmement violent l'attend devant la porte d'entrée de son immeuble. Un homme armé d'un couteau de cuisine rouillé l'agresse soudain, la frappe encore et encore avant de prendre la fuite. Elle hurle, et les lumières de plusieurs appartements s'allument. Les silhouettes des voisins de Kat se dessinent derrière leurs fenêtres. Elle va être sauvée, car ils vont appeler les secours, n'est-ce pas? 

Ryan David Jahn s'empare ici de cette histoire vraie pour en faire un livre d'une cruauté extrême qui va relater les deux dernières heures de calvaire de cette pauvre jeune femme qui, jusqu'au bout, va espérer que ces voisins, ces gens qu'elle croise tous les jours, vont l'aider. Mais selon une étude psy, plus nombreux sont les témoins d'un acte de violence, moins seront les chances d'en voir un réagir, chaque personne pensant que "quelqu'un d'autre s'en chargera bien".

Chaque chapitre se concentre sur une ou des personnes en particulier qui seront témoins de l'agression: Kat bien sûr, Frank, un afro-américain marié à Erin, une blanche (nous sommes en 1964 je le rappelle), Patrick et sa mère malade, Larry et Diane, Thomas et Christopher, Peter, Anne, Ron et Bettie, ainsi que d'autres personnages gravitant autour du meurtre (des ambulanciers, un conducteur ayant un accident de voiture, un flic, et le meurtrier de Kat).

Enfermés chez eux, en sécurité, ils seront tirés de leurs petites vies à problèmes par les deux cris déchirant la nuit de Kat. Devant leur fenêtre, dans leur appartement douillet, ils verront la pauvre victime dans la cour, mais aucun ne réagira. Aucun n'appellera la police, les secours, aucun ne descendra voir si elle va bien: leurs petits problèmes sont tellement plus importants.

Car tous les personnages de ce roman ont des tracas: de couple, de santé, de décisions à prendre. Nous plongeons au cœur de chaque appartement pour découvrir la vie de ces braves gens, et être nous aussi les témoins du meurtre, mais également des disputes conjugales entre Larry et Diane, de la fragilité de Thomas, ou encore de la bravoure de Frank, le seul qui aurait sans doute réagit, mais qui était lui-même en bien mauvaise posture lors de l'assassinat. 

La plume de Ryan David Jahn est implacable et nous plonge dans l'horreur de ce qu'ont dû être les derniers moments de cette pauvre jeune femme, mais aussi de l'impassibilité des gens qui l'ont tous un jour croisée et qui vont la laisser mourir. De bons voisins est un livre qui vous prend aux tripes, qui répugne, qui choque, et qui marque. Un putain de bouquin.

mardi 18 juin 2013

L'oiseau Canadèche

De Jim Dodge, j'avais lu "Not fade Away" que j'avais beaucoup aimé jusqu'à plus ou moins la moitié du roman. Après, ça partait en sucette sur des délires de drogué qui n'avaient plus vraiment de sens pour moi. Avec "L'oiseau Canadèche", petit roman d'à peine une centaine de pages, j'ai retrouvé exactement le même scénario: j'ai adoré le livre jusqu'aux 3 dernières pages où ça partait de nouveau à vau l'eau dans des visions bizarroïdes qui sont très loin de mes délires à moi.


Cependant, je ne vais pas bouder ici le plaisir que j'ai eu à lire ce micro roman très drôle et léger, avec des personnages hyper attachants.

Titou, de son vrai nom Jonathan Adler, est recueilli par son grand-père, Jake, à la mort de sa mère. Jake n'est cependant pas le gentil vieux pépé que l'on s'imagine: ayant reçu la recette du Vieux Râle d'Agonie (un whisky de ouf) de la main d'un indien mourant, il est persuadé d'être immortel. Se tisse vite entre le papy bougon et le petit garçon sage un amour inconditionnel. Les années passent jusqu'à ce que Titou trouve un jour un caneton perdu. Ensemble, ils le soignent et très vite, ce petit caneton devient un membre à part entière de leur famille de gentils fous.

"L'oiseau Canadèche" est avant tout un livre très drôle, loufoque, que Jim Dodge conte avec brio. On est ému un peu, on rigole beaucoup, on les aime ces trois personnages un peu tarés. A lire si vous êtes en manque de bonne humeur.

mardi 11 juin 2013

Le dîner

Ou comment écrire un livre tendu du string autour d'une table de restaurant classieux.

Vu sa couverture, je m'imagniais que Le dîner d'Herman Koch allait être une sorte de récit un peu surréaliste sur des gens qui bouffent des homards venus de l'espace (cf le fait que je ne lis plus le résumé à l'arrière d'un livre qui m'est offert). Je ne pouvais en être plus éloigné, car Le dîner est bien ancré dans la réalité. Et pas la plus belle.


Tout commence alors que le narrateur, Paul, et sa femme s'apprêtent à rejoindre un autre couple dans un restaurant huppé. On comprend de suite que cette perspective n'enchante guère Paul, que la dernière chose qu'il veut, c'est de les voir.

C'est très court comme résumé, et pourtant je n'en dirai pas plus au risque de vous gâcher le plaisir de ce thriller plutôt sombre, car l'intrigue du livre tient justement au fait que l'histoire ne se dévoile que lentement au fil des pages, ponctuée de flash back ou d'explications données au compte-goutte (et je trouve que le résumé au dos du bouquin en dévoile déjà trop!).

Dès le début, on sent l'appréhension de Paul, son malaise, son envie de prendre sa femme et de rentrer chez eux, et tant pis pour le dîner. On ne sait pas encore qui est ce couple avec lequels ils ont rendez-vous, mais il est clair qu'il n'a aucune envie de les voir. Puis vient le moment où nous apprenons qui ils sont, et pourquoi ils devaient absolument se réunir. 

Le livre se divise en fonction des arrivées des plats au restaurant: l'apéritif, l'entrée, le plat principal, le dessert, le café, le digestif et enfin, l'addition. A chaque étape, la tension monte d'un cran, et on en apprend un peu plus sur Paul. La première impression que l'on a de lui, c'est celle d'un homme calme, dingue de sa femme (et elle le lui rend bien), qui veut juste manger un bout tranquillos dans un petit café de quartier au lieu d'aller se donner en spectacle dans un resto branchouille hors de prix. Mais plus on avance dans ce récit, plus on découvre un personnage complexe avec une belle part de ténèbre.

Si j'ai cru au début avoir affaire à une sorte de drame familial à la sauce "Carnage" mêlant satyre sociale de petits bourgeois se la pêtant plus haut que leur tube à étrons, Le dîner s'est petit à petit transformé en un roman très noir, glauque, dans lequel un fait divers violent (inspiré - malheureusement - d'un fait réel) entraînera ces deux couples si différents vers une issue dramatique.

La fin de l'oeuvre de Koch risque d'en laisser plus d'un pantois, ou même écoeuré. J'avoue ne pas l'avoir été (et ce même au risque de passer une psychopate), car je comprend la réaction de Paul et de sa femme qui ne voulaient que protéger leur famille, un sentiment plus fort que tout le reste. Je me suis même sentie proche de ce personnage qui semble bien sous tout rapport mais qui renferme en lui une violence qu'il se doit de museler au risque de commettre l'irréparable. J'ai aussi été étonnée de la direction que prenait les autres protagonistes de cette sombre histoire: oubliez ce que vous pensez savoir, personne ici ne fera ce que vous pensez qu'il devrait faire.

A recommender chaudement si vous aimez le style et si vous êtes prêts à vous poser des questions après avoir refermer ce livre.

mardi 4 juin 2013

Le chuchoteur

Je ne lis pas beaucoup de thriller policier. Sans doute parce qu'à force de regarder autant de séries et de films sur le même sujet, j'en suis venue à trouver les intrigues passablement faiblardes. Du coup, quand j'ai commencé "Le chuchoteur" de Donato Carrisi, je n'en attendais pas grand chose. Et bien ce fut le cas, et en même temps pas vraiment.


Imaginez, si vous vous y connaissez un brin en série policières US, un mix entre "Esprits Criminels" et "NY Unité Spéciale". Ouais, dans le genre lugubre et glauque, on fait pas mieux. Rajoutez à ça la phrase qui tue: inspiré de faits réels et on entendrait presque la voix de Pierre Bellemare nous conter cette sordide histoire. 

Suite à une découverte macabre et gore - cinq petites tombes creusées en forêt dans lesquelles sont enterrées cinq bras gauches de petites filles de 9 à 12 ans, toutes portées disparues - nous suivons l'enquête riche en rebondissements de l'équipe de Goran Gavila, criminologue de renommée, épaulée par Mila Vasquez, enquêtrice garçon manqué spécialisée dans les affaires d'enlèvement. 

Si toute l'histoire est assez classique, elle réserve cependant quelques bonnes surprises, des fausses pistes comme il faut, et des scènes passablement perturbantes tant les descriptions de Carrisi sont réalistes et abominables. Passez votre chemin si vous avez la nausée rien qu'en regardant les bandes-annonces de CSI.

La plume de Carrisi est franche et directe. Il ne nous épargne rien parce qu'il pense que rien ne doit nous être épargné. Que nous devons percevoir la cruauté et l'horreur qu'un être humain peut engendrer dans son entierté. Son roman se lit facilement, et la tension est présente dans chaque page, faisant son petit bonhomme de chemin dans votre esprit.

Si la fin m'a parue un peu expédiée et par trop prévisible (j'ai dû me dire: "Ho! Ha bon" d'un ton placide lors des révélations à la pelle qui peuplent les dernières pages), "Le chuchoteur" est un bon thriller de gare/train/tram qui vous empêchera de regarder votre montre et même peut-être de rater votre arrêt, mais qui, je trouve, ne révolutionne pas le genre. 

mercredi 29 mai 2013

Un bûcher sous la neige

Il est assez rare qu'un livre me touche profondément. Outre devenir un de mes ouvrages préférés, certains vont parfois plus loin que d'autres et me touchent en plein cœur. Ce fut le cas avec "Un bûcher sous la neige" de Susan Fletcher qui a, oserai-je le dire, touché mon âme (et il a beaucoup de touchage dans cette phrase).


Nous sommes en 1692. Sur le trône d'Angleterre se trouve Guillaume d'Orange, de religion protestante, qui en a chassé Jacques Stuart, catholique, et réfugié en France. Le pays se retrouve divisé en fonction de l’allégeance et de la religion de chacun, avec les "papistes" ou "jacobites" qui tentent de renverser Guillaume comme ils le peuvent.

C'est aussi une période sombre de l'histoire. Celle où l'on torturait et exécutait violemment des femmes soit disant sorcières. En général, des femmes indépendantes, fortes d'esprit et qui savaient quelles herbes pouvaient guérir les maux. Des femmes comme Corrag.

L'histoire débute et Corrag est en mauvaise posture. Enfermée dans un cachot, accusée de sorcellerie, elle attend l'heure de son exécution par le feu, qui viendra quand l'hiver sera passé. Outre le fait que c'est une "putain du diable, une gueuse", Corrag est aussi un des seuls témoins à avoir vu et su ce qui s'est réellement passé à Glencoe, dans les Highlands. Un massacre y a été commis, décimant le clan McDonald. Une boucherie sans nom lors de laquelle hommes, femmes, enfants et vieillards ont été massacrés dans leur sommeil par des soldats qu'ils avaient accueillis chez eux. Et ce, sur ordre de Guillaume.

Vient alors Charles Leslie, révérend irlandais et jacobite, qui compte bien obtenir de Corrag qu'elle lui conte ce qui s'est réellement passé, et ce afin de pouvoir accuser Guillaume et de peut-être faire revenir Jacques sur le trône. En digne serviteur de Dieu qu'il est, il n'a tout d'abord qu'horreur et dégoût pour Corrag, femme-enfant à la voix aiguë, sorcière qui tente de l'enchanter et qui ne lui dira ce qu'il veut savoir que si il écoute le récit de sa vie. De ses vies.

Le roman est écrit à quatre mains ai-je envie de dire: il a d'abord Corrag qui nous conte sa vie telle qu'elle la narre à Charles. Et Charles qui relate ce que Corrag lui a dit et ce qu'il en pense à sa femme via de longues missives. 

Que dire si ce n'est que Corrag est pour moi un des plus beaux personnages de littérature que j'ai jamais rencontrée. Une personne belle, bonne, positive, douce, compréhensive, mais aussi solitaire, amoureuse, forte, intelligente, avec une vision des choses unique et une lueur en elle qui éclaire tout sur son passage. 

Je me suis sentie proche d'elle par moment, par son amour du froid et de l'hiver et par sa manière de voir le beau dans de petites choses de la nature que la plupart des gens ignorent: la neige qui scintille, la lueur bleue du jour sur la glace, les plantes qu'elle regarde pousser, la beauté d'un caillou, la grandeur des montagnes, le vent dans ses cheveux, les nuages qui défilent. Sa solitude aussi, qu'elle savoure parfois, parce que certaines choses ne peuvent être partagées. 

Si Susan Fletcher écrit, c'est par Corrag que l'on lit. On traverse avec elle les Highlands, on sent sur nos jambes la bruyère, les fougères, l'herbe, le givre. On se baigne avec elle dans des eaux glacées et on sent l'odeur forte de ces hommes rudes et roux. Et plus on avance dans son récit, plus ce que l'on pensait vraiment important - le massacre du Clan - passe au second plan. Je n'avais pas envie d'arriver à ce chapitre sanglant, je voulais rester avec Corrag sur les pentes de son vallon à observer son cerf et à rêver de "Lui". Je ne voulais pas qu'ils meurent. Je ne voulais pas qu'on la brûle parce qu'elle avait été une bonne personne. Je n'ai jamais eu autant de mal à tourner des pages. 

Un bûcher sous la neige est pour moi un chef d'oeuvre qui me serre le cœur, me rend triste et joyeuse en même temps, mais surtout, me dit de savourer la vie, d'ouvrir les yeux, de croire que ce monde a peut-être des êtres comme Corrag en son sein, et qui me convainc presque de ne pas avoir peur des araignées. 

Lisez-le. Tombez amoureux de Corrag, et trouvez-la en vous.

 

mercredi 8 mai 2013

La merditude des choses

Avoir un Maguth qui part à la chasse aux livres pour sa femelle, ça n'a pas de prix. Surtout quand il rapporte comme butin une belle pile de bouquins encore chauds. C'est ainsi que j'ai commencé à dépiauter "La merditude des choses" de Dimitri Verhulst.


Outre le titre franchement agréable à mes oreilles, j'étais plutôt curieuse de parcourir cette oeuvre belge, flamande même, dont l'auteur à quasi le même âge que moi. Le titre ne m'était pas étranger, sans doute à cause du film sorti il y a de cela quelques années. Ayant décidé, lorsque je reçois un livre, de ne plus lire le résumé au dos afin d'avoir une expérience de lecture vierge de toute influence, je ne savais donc pas du tout ce que cela racontait.

La Merditude des choses est le roman autobiographique (et romancé?) de Dimitri Verhulst. Abandonné par sa mère, le petit Dimitri passera une partie de son enfance dans une maison pourrie d'un bled flamand. S'entassent dans cette bicoque qui part en morceaux sa douce grand-mère, son père, Pierre, et ses trois oncles, Herman, Poutrel et Zwaren, tous connu pour être des soûlards notoires. Vivant dans la crasse, les mégots de cigarettes, le linge sale et les restes de nourritures moisie, sans presque aucun meubles suite aux passages successifs de huissiers de justice, et dépendants presque tous du chômage, La merditudes des choses aurait pu être un roman social déprimant dépeignant la pauvreté d'un quart-monde que nous côtoyons sans vouloir le voir. 

Ors il n'en est rien. La vie merdique dépeinte par Dimitri, c'est sa vie, sa maison, sa famille. Il a 13 ans et boit et fume déjà comme un Verhulst se doit de le faire. Entre les concours "tour de France" de biture organisé par son oncle Herman, leur champion du monde de soûlographie, ses baignades dans l'étang de Mme Palmyre qui y aurait noyé ses bébés, le concert de Roy Orbison à la télé ou encore les tournées des cafés entre père/fils/oncles qui se retrouvent tous vautrés dans un lit commun, les vêtements plein de vomi et/ou de fécès, nous découvrons un univers certes très éloigné des champs de fleurs dans lesquelles les licornes se font des manucures, mais qui n'en est pas moins truculent.

Si Verhulst décrit avec soin ce qu'a été cette part de sa vie que personne ne lui enviera, il le fait d'une manière qui m'a touchée: réaliste et un peu cruelle, mais belle et presque poétique dans sa crasse, nostalgique, émouvante même, et surtout drôle. On sent bien qu'aucun enfant ne devrait connaître ça, mais c'était sa famille, et ils étaient solidaires à leur étrange manière, fiers de ce qu'ils étaient et de ce qu'ils représentaient, même si cela signifiait être un looser, un pauvre type crade qui ne vit que pour boire encore et encore en chantant des chansons salaces dans un patois incompréhensible. Un bonheur comme un autre au final.  

Une belle surprise, et un bien beau roman.   

mardi 30 avril 2013

Le cycle des sorcières

N'allez pas demander à un(e) libraire (à moins qu'il/elle ne soit très très bon) si il a le cycle des sorcières de Pratchett, c'est moi qui ai appelé cette série de quatre romans comme ça.

J'aime beaucoup Pratchett, mais j'en sature vite aussi. Je n'ai par exemple jamais pu finir Les Annales du Disque-Monde. Certes, je me suis bien tapée sur les cuisses avec les premiers tomes, mais j'ai rapidement eu une indigestion Pratchettienne. Un peu comme quand j'ai découvert Bill Bryson avec "Promenons-nous dans les bois" et que j'ai décidé de lire tous ses romans en une fois. Même effet. Eurp. Trop is te veel comme on dit ici.

Alors que je me lamentais misérablement de n'avoir plus rien à lire il y a de cela quelques semaines, errant dans l'appart' en robe de nuit tachée de dentifrice, chaussettes en pilou et cheveux crasseux comme il se doit pour une âme en peine, Maguth me ressorti un livre de Pratchett. Eurp. "Mais non - qu'il me dit en caressant mes pauvres tifs gras comme on calme une vache malade - cette série-là te plaira, elle est plus aventure fantastique et un peu mois chtarbée que les Annales". Calmée par ses douces paroles et par le Snickers qu'il agitait devant moi, je me fiais à lui et décidais de re-tenter l'aventure Pratchett. Je ne fus pas déçue.

Tout commence avec Les Ch'tits Hommes Libres


Tiphaine Patraque est la petite-fille de Mémé Patraque. Pour vous cela ne signifie rien, mais pour les habitants du Causse, un pays de collines vertes et calcaires où paissent des moutons et où l'on vit au gré des produits fermiers, cela veut dire beaucoup. Énormément même. Surtout si la jeune Tiphaine, 9 ans et armée d'une poêle à frire, sauve son petit frère de la Reine des Fées et se découvre sorcière, bénéficiant pour se faire de l'aide de rien de moins que les Nac Mac Feegle, petits bonshommes à la peau bleue couverte de tatouage et en kilt écossais, aux cheveux roux et à l'hygiène douteuse qui n'aiment rien moins que se saouler la gueule et foutre le boxon à grand renfort de Miyards!

Nous découvrons donc ici les personnages qui vont nous accompagner pendant quatre tomes: l'apprentie-sorcière Tiphaine aux cheveux bruns qui ne pourra jamais être une princesse vu que celles-ci ont toujours des cheveux blonds, et la horde de Nac Mac Feegle au dialecte et au comportement plutôt, disons, imprévu. Des personnages volontaires au caractère bien trempé mais aussi et surtout très attachants.

Si les Annales m'avaient semblées lourdes à digérer, le premier tome de ce que j'ai nommé le cycle des sorcières en est la version light. Pour qui ne connaît pas Pratchett par exemple, c'est une excellente entrée en matière, de même que pour les ados ayant aimé Harry Potter. Son humour y est plus discret mais bien présent, et l'histoire est fraîche, drôle et émouvante quand il évoque la relation qu'a Tiphaine avec sa Mémé Patraque.

Un Chapeau de Ciel


Tiphaine a maintenant 11 ans, et est envoyée loin de chez elle pour la première fois afin de suivre un apprentissage de sorcière digne de ce nom chez la bizarre Mademoiselle Niveau. Étant déjà particulièrement douée pour la sorcellerie, c'est sans s'en rendre compte qu'elle attire l'attention sur elle d'un être étrange et dangereux dont elle devra se débarrasser au risque de disparaître et de mettre ses proches en danger.

En bonus des Nac Mac Feegle, toujours présents, Un Chapeau de Ciel fait intervenir cette fois plusieurs autres sorcières, et l'on en apprend un peu plus sur ce que c'est que d'être une sorcière dans le monde de Pratchett. Et on est plutôt loin de l'image classique de la sorcellerie.

C'est avec une joie non dissimulée que j'ai retrouvé ici Mémé Ciredutemps, LA sorcière de Pratchett. Ce personnage haut en couleur apporte à ce second volume plus de profondeur mais aussi et surtout de bonnes tranches de rire. Les Nac Mac Feegle sont quant à eux coupables de m'avoir fait rire d'un de mes bons gros rire gras lors de leur tentative de déguisement en humain voulant boire un coup dans une auberge...

L'Hiverrier


Le temps passe, Tiphaine a 13 ans maintenant et est cette fois en formation chez Madame Trahison, une très vieille sorcière aveugle effrayante vivant dans une maison où tout doit être noir. Accompagnant cette dernière à une danse étrange au milieu de la nuit dans le fin fond des bois, Tiphaine, emportée par la musique, se mêle joyeusement à la ronde au lieu de rester assise sans bouger comme ordonné par Mme Trahison. Quelle erreur! La danse, célébrant les saisons, accueillait l'Hiver et l’Été, et Tiphaine, toute à sa joie de danser, à charmé l'Hiverrier et vexé l’Été.

Poursuivie par les assiduités de l'Hiverrier qui lui envoie des flocons à son effigie, des roses de glace, ou, plus gênant, façonne des icebergs la représentant (avec comme conséquence de fameux accidents maritimes), Tiphaine va devoir arrêter l'hiver qui redouble d'ardeur et empêche l'été d'arriver.

Si j'ai trouvé le dénouement de ce troisième tome un peu brusque, j'ai adoré retrouver Mémé Ciredutemps mais aussi et surtout Nounou Ogg, les deux sorcières les plus puissantes du Disque-Monde. Madame Trahison se débrouille pas mal  non plus dans le genre et apporte une nouvelle dimension au statut de "sorcière": le pipo.

Je m'habillerai de Nuit


Tiphaine a 16 ans et est désormais la sorcière officielle du Causse. Elle inspire le respect mais aussi un peu la crainte, mais ce que personne ne voit est qu'elle est fatiguée. C'est une bien lourde tache pour une jeune fille comme elle de devoir prendre soin de toutes ces personnes. Qui plus est quand elle apprend qu'une famille voisine sombre dans un drame sordide: un mari et père violent vient de tabasser sa fille de 13 ans enceinte. Cette dernière perd son bébé et Tiphaine l'amènera chez les Nac Mac Feegle pour lui permette de se remettre au calme. Entre temps, Tiphaine constate avec angoisse qu'un mal étrange s'empare des personnes partout autour d'elle: une méfiance et une haine grandit dans le cœur des gens envers les sorcières. D'où vient cette violence, toujours accompagnée d'une odeur pestilentielle que seules les sorcières perçoivent?

Ce dernier volume fut pour moi le moins bon. Il se différencie des trois autres par sa noirceur et l'absence quasi totale d'humour. L'entrée en matière, déjà, n'est pas folichonne: une jeune ado battue et enceinte, ça ne donne pas envie de se bidonner. J'ai aussi trouvé que l'idée que Tiphaine soit une fois de plus la cible d'un être malfaisant étant la fois de trop. J'aurais préféré que la menace soit plus générale. Certes, nous retrouvons ici mes deux sorcières méga puissantes préférées, ainsi que d'autres que j'ai joyeusement mélangées au point de plus trop savoir qui était qui, mais cela me semblait trop fouillis et en même temps trop superficiel. Seule la fin rattrape - un peu - le reste.

Conclusion

Un cycle bien sympathique, facile d'accès aux novices Pratchettiens tout comme aux djeunz, et une bouffée d'air frais si comme moi on a fait une overdose des Annales. Pas besoin d'avoir lu ses dernières d'ailleurs pour appréhender le monde dans lequel évolue Tiphaine.

Miyards!

vendredi 26 avril 2013

Le pari des guetteurs de plumes africaines

C'est via le blog de ma douce Syl que je découvris Le pari des guetteurs de plumes africaines. Intriguée et amusée par sa critique, c'est de sa blanche main qu'elle me prêta le livre avec joie. Et je ne peux que rejoindre son avis sur ce petit bijou de littérature anglaise (et ornithologique par la même occasion). 


Nous sommes au Kenya, pays d'une richesse en faune et en flore quasi inégalable. Tous les mardi, Mme Rose Mbikwa organise une promenade ornithologique à laquelle M. Malik, veuf très réservé et secrètement follement amoureux de Mme Rose, participe religieusement. Alors qu'il est prêt à l'inviter au bal du Hunter Club pour - peut-être - enfin lui avouer ses sentiments brûlants, voilà que se pointe Harry Khan, ancien camarade d'école et tortionnaire de M. Malik, sorte de vieux beau riche comme Crésus, qui lui aussi aimerait emmener la belle Mme Rose faire quelques pas de danse. 

En parfait gentlemen, M. Malik et Harry Khan décident de ne point laisser à Mme Rose le choix difficile et humiliant de choisir son cavalier. C'est donc avec tous les membres de leur club privé qu'ils organisent un concours: aura le droit d'emmener Rose au bal celui qui observera et identifiera le plus grand nombre d'oiseaux en une semaine! S'en suit alors une cavalcade riche en rebondissements et en aventures diverses et variées, le tout ponctué de hauts faits ornithologiques.

Le pari est un petit livre qui se lit avec délectation. Déjà, la trame narrative adoptée par Drayson m'a de suite plu énormément. Je m'imaginais une voix off qui me conterait cette histoire avec un accent londonien, un ton un brin pincé mais en même temps extrêmement chaleureux. Je pense d'ailleurs que ce livre pourrait très bien être transposé au cinéma sous une main experte et sensible à la fois. 

Le ton de l'ensemble est très British: un humour sensible, discret et intelligent. Ici on ne s'esclaffe pas comme avec un Pratchett, mais on sourit avec douceur. Il est aussi difficile de ne pas s'attacher à M. Malik, ce petit homme originaire d'Inde, rond et un peu dégarni, et si humble. Plus on en apprend sur lui, plus on l'apprécie. Il est d'ailleurs, avec les autres membres de son club, à nouveau le héros du second roman de Drayson que je vais m'empresser d'aller chasser.

Un joli petit livre à lire pour sourire. 

jeudi 18 avril 2013

Fleur de Tonnerre

L'une de mes plus proches amies est partie en vacances au Sénégal à Pâques. Et pendant ce court séjour riche en dépaysement et en crises d'adolescence de ses deux garçons, elle n'eut le temps de lire qu'un seul livre: "Fleur de Tonnerre" de Jean Teulé. Inspiré d'une histoire vraie, celle d'Hélène Jégado, née en Bretagne en 1801 et empoisonneuse de profession, mon amie m'avoua que bien que cette histoire l'horrifia, elle ne pu poser le livre tant elle voulait savoir jusqu'où allait la folie meurtrière du personnage principal. Persuadée d'être l'Ankou (la Mort), elle tuait sans distinction de classes sociales, d'âges ou de sexe, mettant fin à la vie de personnes aimables ou détestables sans aucune pitié.


Vu que j'ai un côté un peu macabre (je rappelle que certains de mes livres préférés sont tout de même World War Z et Dieu et nous seuls pouvons), et que mon amie, encore un peu sous le choc de ce livre, me proposait de me le prêter, je ne pu refuser et plongeais dedans tête baissée.

Jean Teulé n'a pas une écriture que je qualifierais de limpide, et ce n'est pas du tout mon genre habituel. Mais il est bon de sortir des sentiers battus et de découvrir de nouvelles choses. Et ce fut le cas avec Fleur de Tonnerre. J'entrepris bien vite de lire ce livre lentement comme s'il était un conte breton que l'on se raconte le soir devant la cheminée, à la lueur des bougies faisant danser les ombres sur les murs d'une petite ferme, tout comme celle dans laquelle la Hélène Jégado de Teulé grandit.

Riche en croyances bretones et en descriptions un peu tarabiscotées mais ô combien poétiques, Fleur de Tonnerre relate le chemin de cette tueuse en série au fil de ses déplacements de villes en villages bretons, laissant dans son sillage moult cadavres au ventre plein d'arsenic. La plume de Teulé transforme cette histoire franchement glauque en un roman fascinant, émaillé d'humour grâce à des sidekicks (si si) qui croisent le chemin d'Hélène à diverses étapes de son parcours mortel.

J'ai absolument adoré l'écriture de Teulé, pourtant si éloigné des styles plus francs que j'apprécie habituellement. Certes, certains passages sont un peu trop mystiques à mon goût, mais sa façon de décrire et de voir les choses sous un angle lumineux et presque magique est hypnotisante, alors même qu'il s'agit de l'histoire d'une des plus grande serial killer de notre temps.

samedi 9 février 2013

Lucha Loco

Loutre Agile et Macaroni sont des amies fantastiques qui me connaissent tellement bien qu'elles entretiennent la douce folie dans laquelle je baigne.

Pour mon anniversaire de 2012, j'ai reçu de leur part le canevas "je suis une princesse et je vous emmerde" en rose pète et or, qui trône à côté de ma hache Fiskars. Ce n'était bien évidemment que la première partie de leurs offrandes pour ma noble et divine personne.

La seconde, je l'ai reçue il y a peu. Dans un joli emballage avec de petits papillons vert scintillants m'attendait ceci:



"Ce livre a été édité pour toi spécifiquement" m'a dit Loutre Agile. Je ne sais pas trop par contre si elles s'étaient souvenues de ce billet (j'en doute), ou si elles ont de fait vu ce livre et se sont alors écriées "ce sera parfait, c'est tout elle".

Mais qu'est-ce donc que cette étrange ouvrage? 

Lucha Loco est un recueil de très belles photos de catcheurs mexicains dont la particularité est de porter un masque. Les luchadores se sont aussi décrit en une seul courte phrase drôle, impertinente ou même touchante.

Si Lucha Loco est certes hilarant en première lecture, c'est aussi une fenêtre ouverte sur ce monde à part qu'est le catch mexicain. Mis à part les pro américains de la WWF, une grosse majorité des combattants ne sont en fait que des personnes comme vous et moi, peut-être juste un peu plus musclées, qui exerce un "vrai" travail et se transforme le temps d'une soirée de folie. Ils deviennent alors ce qu'ils ont toujours voulu être, se prennent pour des super héros, et échappent à la réalité pendant un bref instant de gloire.

L'approche de Malcolm Venville pour les photos a ceci de particulier que contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'a utilisé aucun décors, aucune mise en scène pour shooter ces lutteurs, mais un simple fond gris clair. Cette simplicité fait ressortir d'autant plus la force, la fragilité, la folie, l'humour ou même la violence des luchadores. 

Lucha Loco est en fait un très bel ouvrage touchant et très drôle à la fois, qui va bien plus loin que ce que sa couverture ne suggère. 

Alors encore merci les gonzes, c'est vraiment un super chouette cadeau!

vendredi 18 janvier 2013

World War Z

Vous allez penser que je fais une fixette sur les zombies, après les haches de Noël et tout ça. Détrompez-vous, je ne suis pas obsédée à ce point. Mais quand on me met un bon bouquin sur le sujet entre les main, ben je prends quoi.

C'est comme ça que j'ai lu World War Z de Max Brooks.



J'ai entendu parler de World War Z pour la première fois via le site de People vu que c'est le prochain film de Brad Pitt. Ne connaissant absolument pas le sujet à l'époque et me souciant comme d'une guigne du dernier film de Mr Jolie, je pensais qu'il s'agissait d'un nième film de guerre/espionnage classique. Heureusement que Maguth est là pour palier à mon manque d'éducation zombiesque.

Le livre de Brooks (qui est le fils de Mel Brooks!) est tout simplement génial. Nous sommes loin du roman d'horreur/aventure banal dans lequel une bande de survivants de tout âges et races mélangées doit faire face à une horde de goules dans un centre commercial. Brooks surprend ici par une approche tout à fait différente, très prenante et très intelligente.

Synopsis: la terre fait face à un cauchemar: une invasion de zombies. L'humanité est menacée d'extinction, et une guerre mondiale sans précédent va éclater contre un ennemi sans âme et sans peur. Autour du globe, diverses stratégies se mettent en place, certaines impliquant des sacrifices et des pertes humaines intolérables pour certains, justifiées pour d'autres.

La sujet est ici abordé sous un angle journalistique. La guerre est quasi finie, le genre humain est sauvé, mais il reste encore beaucoup à faire. Commandité par les Nations Unies pour établir un rapport sur la guerre, World War Z est en fait un condensé des interviews menées par l'auteur mais considérées comme "trop humaines" par l'ONU et donc non-retenues pour leur rapport.

C'est avec effroi, terreur, curiosité morbide, espoir et désespoir que nous lisons les divers témoignages recueillis par l'auteur tout autour du globe. 

Chaque interview se compose d'à peine quelques pages, et, en parfois même pas deux pages, Brooks réussi à insuffler à son récit une force incroyable. En lisant World War Z, on voyage à travers le monde et on découvre comment les différentes populations ont réagi face à cette guerre impensable. Des personnages très forts en ressortent, comme Paul Redecker,  le général Raj-Singh ou Tomonaga Ijiro. 

World War Z est composé de 9 parties différentes qui relatent chacune un aspect spécifique de la guerre contre Zack ou contre les G comme le disent si bien les militaires: comment sont apparu les premiers zombies, pourquoi a t'il fallu attendre aussi longtemps avant que les gouvernements ne prennent les mesures adéquates, pourquoi les offensives de l'armée se sont révélées foireuses, comment les différents pays ont réagi, comment des gens comme vous et moi ont pu survivre, etc. 

Je dois dire avoir été happée dans ce monde terrible et terrifiant avec une délicieuse horreur. Peut-être est-ce parce que Brooks traite le sujet avec un un tel réalisme que j'ai vraiment eu l'impression de lire des interviews de vétérans, d'hommes politiques, de civils qui ont vécus quelque chose d'inacceptable. La diversité des entretiens et des personnages créés par Brooks rend ce livre à la fois atroce et incroyablement divertissant. Atroce car le côté réaliste du récit qui fait froid dans le dos, et divertissant car nous avons affaire ici à l'un des monstres préférés du genre: le zombie qui ne court pas mais qui, inexorablement, avance vers sa proie sans rien ressentir. 

World War Z est donc bien plus qu'une simple histoire de goules. Les récits des témoins m'ont pris aux tripes, et j'en ressors comme lessivée. 

Je ne peux que vous conseiller de lire ce livre, même si ce n'est pas vraiment votre genre de prédilection (nous sommes très loin de Stephen King). Et surtout de le lire avant d'aller voir le film qui, d'après le trailer, m'a l'air d'être une trahison totale et complète de l'oeuvre originale.

mardi 13 novembre 2012

L'ivre d'ailleurs

L'une de mes amies et plus fidèles lectrices a récemment lancé son bébé sur le net, et je ne peux que vous conseiller d'aller butiner du coin de son blog, l'ivre d'ailleurs. Vous y découvrirez ses trois passions: les livres, les voyages et la photo. Sylvie a en effet eu la géniale idée de ponctuer ses ressentis sur les romans qu'elle a lu avec ses propres splendides photos de voyage. Sans parler de sa plume légère, élégante et raffinée.

Un très joli coin de calme, de beauté, de poésie et de sérénité. Tout comme Sylvie.





Photo de Sylvie Strobl - plantation de thé à Nuwara Eliya, Sri Lanka

dimanche 9 septembre 2012

Odd Thomas

Quand Maguth m'a dit "tu dois lire ce livre, c'est Ghost Whisperer meets Nobody Owens et ça m'a foutu les larmes aux nyeux", je me suis dit que de fait, ça devait pas être mal, parce que pour faire tchouler Maguth, faut soit lui foutre le dernier épisode de Six Feet Under, ou lui montrer un article dans lequel un mec porte son chien dans ses bras dans un lac pour soulager son arthrite ou je sais plus trop quoi (et ça c'est la faute à Poupouille! On est devenu mou du dedans depuis qu'on l'a). Bref, faut y aller quoi.

Alors oui, j'avoue, moi j'aime bien la série Ghost Whisperer. Parce que je trouve Jennifer Love Hewitt trop choupi et qu'elle est super bien sapée dans c'te série à la noix.

Du coup, j'ai commencé "L'Etrange Odd Thomas" (odd signifiant étrange en anglais ça fait un peu doublon mais soit) y a même pas une semaine, et j'ai fini le second livre "L'Ami Odd Thomas" début de semaine. Et comme le dit Maguth (parce qu'il faut rendre à César machin bazar...) "Odd Thomas c'est Nobody Owens qui a grandi", sauf que c'est Dean Kootz qui est le papa d'Odd.


Odd Thomas, c'est un jeune gars de 20 ans qui n'a rien demandé à personne, qui aime sa copine comme un fou, et qui bosse dans un diner, préparant les meilleurs pancakes du monde, mais qui pense peut-être se reconvertir en poseur de pneu parce que ça a l'air moins stressant comme job. Accessoirement, Odd Thomas voit aussi les morts, et quand il le peut, il les aide à trouver la paix ou à obtenir justice dans certains cas. Mais ce n'est pas un vigilante. Il fait un peu comme Melinda Gordon de Ghost Whisperer: il se débrouille, et fait intervenir la police si il faut. Ça tombe bien, le chef de la police du petit bled où il vit est un ami et connait son étrange pouvoir. Tout comme Ozzie, son ami écrivain obèse à 11 doigts, Terri sa patronne au diner, fan d'Elvis Presley dont l'esprit hante la ville, et Stormy Llewellyn, sa petite amie avec qui il est prédestiné à vivre pour toujours.

Outre les fantômes, Odd voit aussi ce qu'il appelle les bodachs, des sortes d'esprits noirs attirés par la violence et annonciateurs de grands malheurs. Ors donc, un jour, Odd voit une horde de bodachs accompagner un étrange personnage. Tout ça sans parler du rêve extrêmement violent qu'il fait dans lequel une masse de gens sont tués. Le calcul est vite fait: tout est lié. Odd va donc devoir démêler le nœud de l'affaire afin d'éviter un massacre.

Comment décrire le premier livre en quelques mots? C'est un livre policier avant tout, avec une fameuse intrigue bien ficelée, une dose de fantastique, et une belle histoire d'amour dedans. Une fois commencé, il est difficile d'arrêter. Les personnages sont qui plus est très attachants, et je dois l'avouer, j'ai eu une fameuse boule dans la gogorge à la fin. Bref, ce livre a rejoint l'étagère "livres préférés" vite fait bien fait.

Il en est autrement du second livre, "L'Ami Odd Thomas" dans lequel un ami d'enfance d'Odd se fait kidnapper. Peut-être était-ce parce que pour moi, l'histoire aurait dû s'arrêter après le premier volume? Ou alors parce que j'ai trouvé l'intrigue du second volume vraiment plus faible et peu crédible? Il se laisse lire, mais n'est, à mon sens, pas du tout au niveau du premier livre.


En cherchant des images pour illustrer cet article, c'est avec une grande stupeur que je suis tombée sur le site imdb annonçant la sortie pour 2013 d'un film Odd Thomas réalisé par Stephen Sommers (a son actif: The Mummy, Van Helsing, G.I. Joe.. heu...) avec Anton Yelchin(Chekov dans Star Trek). Je ne sais pas trop ce que ça donnera, ça me fait un peu peur. Certes, Dean Kootz a affirmé dans un article être très content du résultat, il n'empêche...

vendredi 22 juin 2012

Le Trône de Fer - le Bûcher d'un Roi

"Ce dernier volume a été l'enfer. Trois enfers et une belle saleté."

C'est en ces termes que George R.R. Martin débute sa page de remerciements à la fin du volume 13 du "Trône de Fer - Le Bûcher d'un Roi".

Et c'est exactement ce que la lecture de ce tôme a été pour moi: un enfer et une belle saleté.


Cela faisait un petit temps qu'on attendait la suite du Trône du Fer, si on considère plusieurs années comme un "petit temps". Autant dire qu'il était attendu ce bouquin. Avec la série qui fait actuellement un tabac (alors que Maguth et moi la trouvons plutôt fadasse et d'un certain ennui), nous nageons en pleine furie Trône de Fer-resque. Un jeune homme m'a même interpellée dans le tram voyant que je lisais le dernier tome, ne sachant pas qu'il était déjà sorti en français. Il est à parier qu'il a filé dans une librairie l'acheter dès sa sortie du tram.

Malgré le fait que les derniers volumes parus - Le Chaos, Les Sables de Dorne et Un Festin pour les Corbeaux en français, et A Feast for Crows en anglais - étaient souvent décriés parce que plutôt lents et un peu ennuyeux, je les avais bien aimé. Un peu comme l'oeil de la tempête en quelque sorte: trop calme pour ne pas cacher un truc monstrueux derrière. Certains personnages avaient disparu des radars et cela était, il est un vrai, un peu frustrant, mais étant donné que mes persos préférés sont Brienne et Arya et qu'elles etaient un des focus majeur de ces derniers tomes, je ne m'en étais pas trop plainte.

Donc je ne sais pas si c'est le temps d'attente, un certain décrocharge, ou tout simplement parce que le Trône de Fer commence à se traîner en longueur et donc à perdre de sa qualité, mais Le Bûcher d'un Roi est tout sauf passionant. Il est pénible. Chiant même. J'avais parfois l'impression de lire des récits bibliques tant c'était ennuyeux. Je le lisais dans le tram parce que je savais que ça m'endormirait, ça veut tout dire...

On retrouve pourtant ici Jon, Tyrion et Davos (le Chevalier Oignon) que j'apprécie beaucoup, mais aussi Daenerys et ses dragons (j'avais fini par total la zapper celle-là, faut dire que c'est loin d'être un de mes perso de prédilection).

Et bien Jon est au Mur. Ouais. Et il y reste. Jon est au Mur. Et il y fait froid. Noooonn?! Ca alors!

Et Tyrion voyage et bouffe. Ouais. Il voyage. Et il n'arrête pas de se demander "où vont les putes" et de penser à Tysha au point que ça en devient plutôt sérieusement agaçant. Autant avant j'aimais beaucoup Tyrion, autant là il creverait que ça ne ferait ni chaud ni froid. Au contraire, il arrêterait de nous bassiner avec son "où vont les putes".

Davos, ben on le sait si on a lu les derniers volumes, Davos crève. Ouais. Ben Davos va crever, et comme une bouse.

Daenerys elle est à Meereen et a de petits soucis politiques. Ouais. Ben Daenerys, elle est toujours à Meereen et a toujours de petits soucis politiques. Et elle mouille sa culotte en pensant à un mercenaire avec une barbe en fourche colorée en une couleur alors que ses cheveux sont teints dans une autre. Après Drogo, qui était quand même trop top, quelle déchéance: tombée amoureuse d'un figurant lambda de la Zinneke Parade (j'aime bien la Zinneke Parade hein, mais bon: Drogo vs Zinneke Parade, heu...).

Y a juste Schlingue qui m'a interpellée. Mais il n'a droit qu'à deux (ou trois?) chapitres dans tout le bouquin. Pas de bol.

Ce dernier volume regorge aussi de descriptions et de récits historiques sur le monde dans lequel se passe les évènements. A nouveau, est-ce le décrochage qui fait que tout ceci devient tout bonnement tellement inintéressant que j'en ai zappé les pages (choses que je ne fais jamais habituellement)? Je ne sais pas trop. En tout cas, ça m'a bien fait chier, ça c'est clair.

A savoir également, le traducteur qui s'était occupé des volumes précédents du Trône du Fer, Jean Sola, a été remplacé par Patrick Marcel suite à des différents juridiques entre Sola et la maison d'édition. Et on le sent plutôt assez fort. Je m'étais habituée au style de Sola et là, au bout des 10 premières pages du Bûcher d'un Roi, je me suis tout de suite dit que quelque chose clochait. J'ai appris par la suite que les traductions de Sola étaient sujettes à maints débats houleux. Il aurait apparemment fort changé le style de G.R.R. Martin, plutôt direct et franc, en une syntaxe plus médiévale. Etant donné que je n'ai pas lu les livres en V.O. et que les traductions de Sola me plaisaient bien, ce changement m'a plutôt fortement dérangée. Un peu comme quand, dans une série télé, on change un acteur et on le remplace par un autre sans rien dire en espérant que le public ne verra rien. Genre...

Au final, j'ai terminé Le Bûcher d'un Roi en une longue semaine de lecture pénible pendant laquelle je me suis dit à trois reprises que j'allais abandonner. Pourquoi ai-je continué? Parce que j'ai appris que Le Bûcher d'un Roi n'était que la première partie du dernier volume paru en anglais du Trône de Fer intitulé A Dance with the Dragons. Et oui, le compte en banque de la maison d'édition française du Trône de Fer va encore faire "$$katching!$$". Du coup, j'ose espérer que peut-être, la suite se révelera moins assommante. Mais pour cela, il faudra encore patienter et subir un décrochage encore un peu plus grand.

Dommage... Vraiment.

vendredi 15 juin 2012

Open Space - Joshua Ferris

Je me rend compte que, malgré que j'avale près de deux livres par semaine, je fais très peu d'articles sur mes lectures, ce qui est très bête de ma part. Je vais donc tenter d'être un peu plus régulière (histoire d'alimenter un peu ce blog ayant dépassé la date de péremption) et surtout moins paresseuse :p Tenter j'ai dis hein.

"Open Space", je l'ai trouvé lors de nos balades dominicales et digestives au Petit Filigrane. Le titre tout comme la couverture avaient attiré mon oeil. Un livre traitant de la vie de bureau! Enfin! Croyant n'avoir jamais rien lu de la main de Joshua Ferris (j'avais tort sur ce point mais j'y reviendrai plus tard), c'est avec empressement que je me suis emparée de son bouquin.


"Open Space" (qui signifie "bureau paysager") est raconté par une sorte de voix off, un narrateur non identifié qui relate les faits tout en faisant partie des personnages concernés. Le cadre est ici une agence de pub américiane en plein déclin. C'est la crise, et la douce vie telle que l'on connue les employés de la firme fout le camp dans les cartons qu'emportent avec eux les malheureuses victimes du licenciement. Sans parler des rumeurs sur le cancer probable de la directrice. Mais il faut continuer à travailler, à vivre dans cet open space. Alors on continuer à raconter des ragôts lors des pauses cafés, à médire sur les collègues, à être très concentré lors des réunions pour pouvoir glander après, à espioner machin qui a l'air de se disputer avec sa femme dans leur voiture pour pouvoir courir mettre le reste de l'équipe au courant. La vie de bureau quoi.

J'ai trouvé "Open Space" totalement jouissif et vraiment drôle, très cynique et sarcastique, et je me suis retrouvée dans cet environnement bureaucratique hypocrite. Les ragôts, les phases de glande, les moqueries entre collègues et ce même si le sujet est tout sauf comique, la crainte, à un moment, de la crise et de qui va se faire virer (car oui, on a aussi connu ça) et ce soulagement mêlé de pitié et de joie quand on se rend compte qu'on a pas perdu son job (alors qu'on arrête pas de se dire qu'il faudrait démissioner pour "vivre!" autre chose) mais que des personnes qu'on connaissait (de loin) ont été éjectées.

Le livre peut se divisier aussi en trois parties: la première relate l'ambiance de bureau avec tous ses travers, et c'est, bien évidemment, ma partie préférée. La seconde parle du cancer de la directrice - nettement moins drôle, cela va sans dire. La dernière prend un ton plus dramatique, à moins que ce ne soit la partie centrale, plus grave, qui déteint sur la perception que l'on a de la suite de l'histoire.

Chose étonnante, Maguth a trouvé ce livre tout sauf drôle et cynique. Anxiogène est le mot qui, d'après lui, le définissait le mieux. Est-ce parce qu'il ne travaille pas dans un bureau? Ou est-ce parce que j'ai un humour vraiment pourri?


Ce qui est assez comique, c'est que javais déjà lu un roman de Joshua Ferris il n'y a pas si longtemps que ça: "Le Pied Méchanique". Et j'avais détesté. Heureusement que je ne m'en souvenais pas sinon je n'aurais sans doute pas acheté "Open Space" et donc raté une bonne tranche de rire. Mais sarcastique le rire. Très sarcastique.

mercredi 13 juin 2012

Promenons-nous dans les bois

"Je voulais moi aussi un peu de la suffisance du gars buriné qui promène un regard d'acier sur l'horizon lointain et dit lentement, avec un reniflement viril: "Ouaip! J'ai chié dans les bois. Et pas qu'une fois."

En page deux du livre de Bryson trône cette phrase qui m'a tout de suite fait dire à Maguth que j'aimerais ce bouquin.


"Promenons-nous dans les bois" est en fait paru sous le titre "a walk in the woods" en ... 1998! Traduction à la bourre donc vu que le livre n'est paru en français qu'il y a peu. Je ne connaissais pas du tout Bryson, mais une chose est sûre: je vais dès à présent traquer ses bouquins!

L'histoire ici est assez simple et non fictive: Bryson et son pote Katz, la quarantaine bien entamée à l'époque et le petit bide de rigueur qui va avec, décident de goûter à la rando, et pour se faire se lancent sur l'Appalachian Trail, une sorte de GR de la mort qui tue, long de plus de 3.480km et traversant 14 Etats avec des niveaux de difficultés variables.

Pour toute personne ayant déjà fait de la "vraie" rando - à savoir une marche de plusieurs jours avec un paquetage de plus de 10kg, prévoyant bouffe et eau - le récit de Bryson ne pourra que réveiller des souvenirs en vous. Que ce soit lors de l'achat de son matos dans un magasin de randonnée avec l'aide d'un pro qui lui parlera de détails techniques auxquels il ne pige que dalle, de la difficulté des premiers jours de rando et des rythmes de marche différents selon les personnes, des rencontres sur les sentiers et des gens qui vous dépassent au trot alors que vous êtes en nage et au bord de l'apoplexie, de la crasse qui nous recouvre et auquel on ne prête même plus attention, des gîtes et refuges de tout acabit, du drôle de rapport qu'on a avec le bouffe après des jours de privation (le Coca devient un nectar des dieux et le fromage indistriel un met rare et raffiné, si si, je vous assure!), de la sensation d'un vêtement mouillé par la sueur alors que le vent se lève, et de cet effet étrange et que j'aime tant qui fait que, lors d'une longue marche éreintante, on se retrouve un peu déconnecté du monde et on finit presque par savourer la douleur engendrée par cet effort intense, tout ici sent le randonneur, et je ne parle pas seulement de chaussettes ou de slip non lavés avec Ariel depuis une semaine. Le roman de Bryson ne s'adresse bien évidemment pas qu'aux randonneurs, loin de là, mais si comme moi vous en avez déjà fait, cela ne vous le rendra que plus jouissif.

Bryson possède en prime un sens de l'humour décapant, et j'ai dû me retenir de m'esclaffer plus d'une fois dans le tram, la phrase d'accroche de cet article n'étant qu'une parmi tant d'autres qui figurent à présent dans mon panthéon de réparties qui déchirent. Etant américain mais ayant vécu pendant longtemps en Angleterre, il porte aussi un regard plutôt corosif sur son pays natal et le comportement de ses compatriotes.

En prime de son compte-rendu biographique sur son épopée montagnarde, il réussit à étoffer son histoire d'anecdotes historiques et écologiques passionnantes et parfois aberrantes où l'on apprend tout en se distrayant. Si mes profs de sylviculture avaient pu être d'aussi bons conteurs que Bryson, je crois que j'aurais retenu plus de choses :p

"Promenous-nous dans les bois" est un superbe ôde à la randonnée, à la nature sauvage, à la montagne qui me donne envie de prendre mon sac à dos et de marcher, marcher, marcher. C'est aussi un très bon livre à lire si vous n'avez jamais fait de randonnée mais prévoyez d'en faire une, ou si, par procuration, vous voulez en ressentir les sensations. Croyez-moi: tout est vrai, et je parle d'expérience!

mercredi 30 mai 2012

Nobody Owens

Maguth ayant oublié son livre à la maison l'autre jour, il s'en est racheté quelques un au boulot (comme quoi bosser à la Fnac, parfois ça a du bon) histoire de meubler le trajet en tram. Il est donc revenu avec le dernier tome du Trône de Fer format grand livre (alors qu'on avait dit qu'on attendait la sortie poche histoire de pas défigurer la biblio qui ressemble déjà plus à rien) qu'il a tenté de lire. Tenté parce que vu qu'il a lu les autres tomes il y a de ça des années-lumières, il ne se souvenait plus de rien et que du coup, (re)commencer au volume 13, c'était trash. Et ne me dites pas de regarder cette sous-merde qu'est la série HBO, merci bien hein!

Du coup, il a ouvert ce livre:


Et il en est tombé amoureux.

Et moi aussi.

Court résumé: par une nuit froide et brumeuse, le Jack se faufile dans une maison, et, armé d'un couteau à la lame éffilée, ôte la vie à une femme et un homme, ainsi que leur petite fille. Seul le petit frère, âgé d'à peine deux ans, réussi à s'échapper par miracle.

Miracle? Pas tant que ça! Ayant trouvé refuge dans le vieux cimetière de la ville, devenu parc naturel, c'est sous la protection singulière de ses habitants qu'il trouvera refuge, amour et affection. Je ne parle pas ici des fossoyeurs mais bien des résidents du cimetière: les morts.

Car ce petit garçon hors du commun se verra offrir une vie extraordinaire, élevé par un gentil couple de fantômes, les Owens, avec comme tuteur un étrange personnage répondant au nom de Silas, et comme amis, professeurs et voisins, les fantômes de toutes les autres tombes et autres êtres fantastiques. Et comme il ne ressemble à personne d'autre qu'à lui-même, il sera bâptisé Nobody (personne).

Déjà parlons du livre en tant qu'objet. Au fils des pages s'intercalent des dessins très fins, fragiles et romantiques presques, illustrant quelques passages de l'histoire sans jamais trop en dévoiler pour ne pas heurter la vision des personnages que le lecteur peut s'être fait.


L'histoire en elle-même touche donc au fantastique. Mais l'est-ce vraiment quand on s'appelle Nobody (Bod) Owens et qu'on vit dans un cimetière avec des fantômes pour parents, qu'on a une sorcière pour amie et un Silas comme tuteur? Cependant, Bod traverse l'enfance comme tout un chacun, avec les différentes phases que cela comporte, y compris l'envie de fugue adolescente et les premiers émois amoureux.

Ce livre est un petit trésor de tendresse, de poésie, de mélancolie et de fantastique dans tous les sens du terme. On tremble avec Bod quand il pénètre dans la plus vieille tombe du cimetière, on s'inquiète quand Silas part trop longtemps, on est content quand Miss Lupescu revient, et nom de Zeus qu'est-ce qu'on a la lippe toute tremblotante et les nyeux tout plein d'eau à la fin.

Ne vous y trompez pas, il n'y a rien de lugubre ici, juste un autre regard, beau et tendre, sur la mort, mais aussi sur la vie.

Bienvenue ici ! Welcome !

Un joyeux bordel et un véritable mic-mac de ce que j'aime (ou pas), avec photo, jeux débiles, sondages navrants, bref, ma vie quoi ;) N'hésitez pas à laisser un p'tit mot!
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