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mercredi 22 avril 2015

Quand les parfums percutent la gastronomie: la Maison Michèle Gay



Le tableau: nous sommes fin 2014, tout près des fêtes. Le temps est humide et gris. Le temps est belch'. Soudain, je reçois un appel de mon pote Stève, rédac chef du magazine Wolvendael pour lequel j'écris de temps en temps, qui me sort de ma torpeur canapé-esque. Il me demande si j'ai envie de l'accompagner dans une excursion semi-journalistique. Semi parce qu'on ne sait pas encore si on va écrire sur le sujet. Et aussi parce qu'on y va par curiosité sans savoir dans quoi on va mettre nos semelles en caoutchouc (celles de Stève étaient peut-être en cuir, je ne sais plus). 

C'est donc ensemble que nous avons poussé la porte d'une petite boutique toute mimi dans le quartier très prisé du Châtelain/rue du Page: la Maison Michèle Gay, parfumerie culinaire.



"Mais nomdedjos, c'est quoi encore que ce truc" que je me suis dit, pas vraiment à l'aise à l'idée de goûter des machins bizarres mélangé à des trucs encore plus spéc'. Il faut savoir que si je suis de nature très curieuse, les expériences culinaires me font en général assez peur, parce que quand on aime pas, ben une fois en bouche, on a pas des masses de choix...

Une fois dans la boutique, Stève et moi-même avons été accueilli par Michèle Gay elle-même, un petit brin de femme au sourire contagieux et aux yeux plein de bonne humeur, habillée d'une salopette et d'une casquette style cheminot. De suite, elle nous a mis à l'aise: chez elle, pas de chichi, nous sommes chez nous. 



La boutique offre un petit espace détente avec un gros fauteuil confortable et un banc en bois orné de coussins, un espace de dégustation avec une table en bois et des tabourets, et une cuisine-atelier pleine de vaisselle chinée sur les brocantes et datant de +/- 1950 à 1970. Un mélange hétéroclite mais plein de charme, qui me rappela le service de ma Mamy.



Michèle nous guide à travers cette boutique qu'elle a faite sienne il y a peu de temps de cela (elle a ouvert en novembre 2014), boutique qui était son rêve depuis longtemps et pour laquelle elle a abandonné une vie et un salaire confortables à Paris pour tout parier sur sa parfumerie-culinaire, et sur Bruxelles. 

C'est assez émerveillée que je découvre ses créations, et ma peur du "par odin ça va être dégueu c'est trop spéc'" est vite remplacée par une envie pressante de tout sentir et tout goûter. Michèle a d'ailleurs l'air aussi enchantée que nous, et nous passons de son petit-beurre rose au vétiver* (et à la cannelle) à ses poudres-parfum, sans oublier sa sélection de thés-parfum à infuser à froid et à déguster dans un verre ballon comme un grand cru, et ses poivres rares et uniques.
Au final, ma première visite chez Michèle Gay se solda par mon article "Chez Michèle Gay" dans le Wolvendael (p.42), et un sac bien rempli de petit-beurre au vétiver, de poivres, et de quelques un de ses thés qui firent de magnifiques cadeaux de Noël très appréciés.


Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Ma seconde visite chez Michèle Gay, je la fis il y a de cela à peine une semaine. C'était un vendredi midi, et, accompagnée de ma 'tite Loutre (la seule de mes amies suffisamment tarée que pour ne pas craindre les expériences culinaires hors du commun), nous y étions conviées par Michèle elle-même pour un lunch.

Ce fut un véritable feu d'artifice gustatif, et une expérience absolument fantastique.


Tout d'abord, l'accueil de Michèle, fidèle à elle-même, qui nous mis à l'aise de suite. "Vous êtes ici chez vous", et le sourire est franc et honnête. Après avoir fait le tour du propriétaire à 'tite Loutre, nous nous installâmes à table afin de commencer notre voyage culinaire. Et Michèle pris nos papilles et les emmena avec elle découvrir des endroits secrets et merveilleux.


Nous commençâmes par une soupe épaisse et veloutée, la coco-cacao, à base de haricots blanc et de cacao. Harmonie étonnante au parfum de chocolat, servie avec un fin filet d'huile d'olive. C'est vrai, cela semble vraiment étrange, mais en bouche, tout devint une évidence. La magie de Michèle était en marche.





Pour accompagner ce potage à la fois exotique et moderne, quelques tranches de pain frais, du beurre et un assortiment de sels et de poudres-parfum de Michèle.



Comment dire...

Je vais être franche: ben putain, YOOHOOOOO CA ROXE DU PONEY! Et rien que de repenser à ce que nous a servi Michèle, je bave et ai envie de me précipiter chez elle pour y vivre. 

Reprenons notre calme et poursuivons...

Les sels-parfum de Michèle présentés étaient ceux au pain d'épice, au cuir fumé, au vétiver et au bourgeon de cassis. Les poudres-parfums, celles au chypre et à la lavande. Le tout servi avec une eau délicatement et subtilement parfumée d'une saveur florale toute douce.


Ce n'était plus un feu d'artifice buccal, mais carrément les fêtes nationales du monde entier réunies tant tout explosait en bouche, libérant des notes jamais goûtées auparavant, faisant briller nos yeux agrandis par le plaisir et sourire nos lèvres qui n'en revenaient pas d'avoir eu accès à ces trésors gourmands.

Suivi alors le fromage parfumé au vétiver et sa petite salade de jeunes pousses et d'orange au poivre rose, parfait en rafraîchissement de fin de repas.




Et enfin, le dessert: un cake parfumé, dernière création de Michèle qui va lancer bientôt des mélanges afin que nous puissions les refaire chez nous, et une compote de pommes tiède avec de la chapelure de petit-beurre au vétiver.




Au final, non seulement nous avons mangé un repas divin, magnifique, unique, mais avons pu aussi bénéficier de la présence de Michèle qui est une hôtesse parfaite et aux petits soins pour nous. 

J'ai aussi totalement craqué pour ses sels-parfum, surtout le cuiré qui est absolument magnifique, très riche et profond en bouche, et le pain d'épice, mélange assez unique de sucré-salé. Je ne peux que vous conseiller de les goûter sur une simple tranche de pain beurré afin qu'ils se révèlent à vous dans toute leur beauté avant de les ajouter à vos plats. La poudre-parfum chyprée à quant à elle volé mon cœur, et que dire de la chapelure de petit-beurre sur une compote si ce n'est que c'est une passerelle vers le paradis des gourmands.



Je ne vous conseille donc pas d'aller chez Michèle Gay, je vous l'ordonne! 

Si il est vrai que les prix peuvent sembler un peu haut de gamme "juste" pour un peu de sel ou une dizaine de biscuits (6€ pour les petits-beurres au vétiver, 14€ pour les poudres), ils en valent vraiment l'investissement tant l'expérience que vous vivrez en les goûtant n'a elle pas de prix. 


Michèle offre aussi, sur réservation uniquement, des ateliers-lunch (30€ pp sans minimum de participants requis) ou des soupers-parfum (50€ pp et à partir de 6 personnes) lors desquels elle vous fera découvrir son univers. A faire au moins une fois dans sa vie, et à faire découvrir à ses amis tant cela beau et bon. 

Maison Michèle Gay
Rue du Tabellion, 82
1050 Bruxelles
tel: 02 538 46 38

Site: Maison Michèle Gay
Facebook: Maison Michèle Gay
Instagram: MaisonMichèleGay


* vétiver: plante dont on utilise la racine pour en faire un parfum vert, boisé et un peu fumé.

1 commentaire:

Sylvie a dit…

Suis prête à prendre congé pour y aller avec toi un midi !

Bienvenue ici ! Welcome !

Un joyeux bordel et un véritable mic-mac de ce que j'aime (ou pas), avec photo, jeux débiles, sondages navrants, bref, ma vie quoi ;) N'hésitez pas à laisser un p'tit mot!
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