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jeudi 20 septembre 2012

Maguth et Sun Jae au Pays des Tourbières


Cette année, on a décidé de ne pas partir en vacances loin. De un parce que je n'arrive pas à me dire que si on part en avion, je vais devoir laisser la Pouille, et ce même si j'ai de bonnes âmes en qui j'ai confiance qui peuvent la garder. Et il est hors de question de la faire voyager en soute, elle est trop flippée de la vie pour ça. De deux, parce que Maguth m'a avoué ne pas avoir envie de partir cette année. Et de trois, parce qu'on vient de s'acheter une bagnole qu'on a baptisée Darth Venga et qui m'a coûté un bras. Oui, j'ai craqué, je participe dorénavant aussi à la pollution mondiale. Mais nom de Zeus, que ça me simplifie la vie! 

Après avoir passé lundi et mardi à faire des courses qu'en général on n'arrive à faire ensemble que difficilement (Ikea, Brico, Vandenborre, la crème de la crème, quoi, super classe et glam'), nous nous sommes décidé au presque pied levé de partir dans les Hautes Fagnes. Maguth avait un beau souvenir de la région dans laquelle il avait été étant petiot, et moi je n'avais aucun souvenir du tout n'ayant jamais posé ma graisse là-bas. J'avais envie de passer la nuit sur place, dans un hôtel supra chic. Pas de bol, tout était booké, ou alors les hôtels qui avaient l'air classieux avaient des critiques abominables sur booking.com ou tripadvisor. De plus, il était difficile de randonner sur place avec la Pouille, le Parc Naturel des Hautes Fagnes ne tolérant les chiens que sur quelques sentiers, on aurait raté le plus beau: les chemins de caillebotis. La météo s'annonçant clémente ce mercredi 19 septembre, nous avons décidé de laisser Lucy à la maison (comme si on allait bosser m'a dit Maguth pour me déculpabiliser) et sommes parti à deux faire une petite promenade qui, je l'espérais, n'allait pas en demander trop à ma constitution de gant de toilette. 

C'est donc vers 09.00 que nous avons enfourchés Darth Venga pour nous lancer sur l'autoroute de Lièch' après avoir traversé tout Bruxelles en pestant contre ce bête GPS qui ne savait pas que prendre les tunnels à cette heure là en semaine, c'était encore galère. Nous avions pris chaussures de marches, vêtements en polar et gore-tex et fait le plein de boissons et de bouffe vu que les températures à Botrange affichaient un beau 10°C. 

Nous arrivons au Signal de Botrange, le point culminant de la Gelbique (694m), vers 11.00 pour nous retrouver face à une porte close devant le bureau d'info touristique. Mouais. Direction le resto d'à côté, le gérant nous annonçant que ce n'est pas la première fois que le centre ferme (ou n'ouvre pas du tout) sans prévenir, et nous décelons une pointe d'agacement lorsqu'il nous dit qu'il doit tenir ce discours plus souvent que nécessaire à de pauv' touristes perdus. Nous ré-enfourchons Darth Venga et nous dirigerons zalors au centre nature qui se situe à moins d'1km de là. Le centre est très beau, tout en bois avec un feu ouvert au centre qui réchauffe les voyageurs égarés de la lande... Une dame nous vend une carte de rando à 2€ (vu le prix je m'attendais à une carte sur un papyrus rare et précieux avec un lettrage à l'or fin mais non) et nous indique un chemin de +/-10km qui fait le tour de LA zone à voir. On s'équipe et hop, on y va.

Le fond de l'air est frais mais vivifiant et nos poumons hurlent de douleur: où est donc le mélange de gaz d'échappement, de chauffage et de pollution industrielle auquel ils sont habitués?! Le temps est vraiment idéal pour de la rando à vrai dire. Nous traversons un bois de conifères avant d'atteindre une aire dégagée, la fagne du Neur Lowé: quelques conifères épars, des bouleaux, des myrtilliers, de la bruyères, des herbes hautes: le paysage change du tout au tout. 


Nous poursuivons notre route, traversons la nationale pour plonger à nouveau dans un bois de conifères avant de rejoindre un petit ruisseau baptisé le Ru de Polleur, situé dans le Beaulou (ou Beleu, à prononcer très vite à la suite l'un de l'autre pour avoir l'air idiot).


Le sentier en gravier suit le petit ruisseau et est bordé de bouleaux, de hautes herbes et de fougères. Le sentier fait soudain place aux caillebotis (interdit aux chiens donc). Le paysage est splendide, très calme et serein, et le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Je me dis qu'être là une nuit de pleine lune doit être magique. 



Nous parvenons alors à la Fagne de la Poleûr: incroyablement trop magnifique. Les caillebotis survolent une mer d'herbes vertes et rousses dans laquelle surnagent quelques arbres et quelques massifs de fougères d'un vert indécent. Nous avons de la chance, il n'y a personne autour de nous. Je ne savais pas que ma petite Belgique recelait de si beaux paysages. Certes, en été, alors que la zone doit être prise d'assaut par les touristes et familles avec poussettes, l'ambiance doit être tout autre, mais là, je savoure le privilège de "posséder" l'instant et le lieu. Le nom de Poleûr me rappelle quelque chose, et pour cause, nous avons été au village de Polleur, près de Verviers, il y a de ça 3 ans lors de notre périple pépinstérois. Rien à voir avec la Fagne de la Poleûr bien évidemment...


Nous décidons de rejoindre le Mont Rigi pour manger dans le restaurant du même nom. Il faut croire que les locaux sont frileux car malgré un soleil éclatant, la terrasse, pourtant dressée, est fermée. Nous optons donc pour une table près de la baie vitrée avec une belle vue sur la fagne, table que je regretterai tout au long du repas car nous avons littéralement cuit sur place. Sur le sous-plat en papier figure la légende locale assez perturbante de Gilles, le herdier nain du Mont Rigi, tombant amoureux d'une donzelle qui évidemment se refuse à lui. Le nain en question étant plutôt colérique, il se pendit mais hante à présent la lande avec son chien et ses bœufs. Tout compte fait, visiter la Fagne de Poleûr la nuit, je vais éviter...

Après un repas qui fût très bon à défaut d'être véritablement du terroir (croquettes ardennaise et lapin aux pruneaux pour moi, croquettes aux crevettes et filet de porcelet au poivre pour Maguth), nous sortons du sauna qu'est devenu le restaurant et reprenons la route pour rejoindre le centre nature: après avoir traversé une portion de bois de conifères, nous longeons la Fagne Wallonne, dans laquelle il est interdit de circuler sans guide. C'est une vaste plaine d'herbes jaunes qui fait penser, il est vrai, aux prairies de l'ouest américain que l'on voit dans les films de western (moins les éoliennes en arrière plan). Au loin, nous distinguons deux nuages de pluie: nous marchons à plus vive allure, n'ayant pas forcément envie de prendre une douche post-digestive.


Parmi la végétation de cette lande, on distingue de petits rameaux noircis, un reliquat de l'incendie de 2011 peut-être? 


Nous avons aperçu un faisan perché sur une branche, que Maguth a tenté de faire bouger en lancer de minuscules cailloux qui n'ont bien évidemment pas atteint leur cible. Cela dit, mon cri de guerre n'a pas eu plus d'incidence sur la chose.

Nous arrivons au centre vers 16.00. Nous avons parcouru +/- 11km en +/-2h30, sans tenir compte de la pause-resto. Ce fut une bien belle promenade et les paysages valent le détour. Pour ceux qui ne veulent pas se casser les miches, sachez que la Fagne de la Poleûr est accessible directement via le Mont Rigi.

La dernière étape de notre mini-trip fut un arrêt au magasin Amon Tchiniss à Malmedy proposant divers produits du terroir. Le monsieur, super sympa, nous a guidé dans tout son magasin, et j'y ai fait un stock indécent de fromages qui ont parfumé Darth Venga mieux qu'un sapin magique (le Bernister Fleuri est une tuerie, le Malmedy, le Petit Fagnard et l'Ovifat sont par contre un brin trop forts pour moi) et de sirop Charlier (sorte de sirop de Liège en 1.000 fois meilleur et naturel constitué uniquement de pommes et de poires), mais aussi de Fleur de Franchimont (boisson fermentée aux pommes aux fleurs sauvages), de moutardes au goût bizarre et de bières de la Brasserie de Bellevaux, le tout à distribuer aux potes qui le méritent.

Une belle journée, de belles images plein la tête et de la super bouffe du terroir dans la cuisine, que demander de plus?


vendredi 14 septembre 2012

Critique de film: Tucker and Dale vs Evil

Sun Stars: * *
(Aucune = daube finie / * = mauvais / ** = pas mal / *** = plutôt bon / **** = très bon / ***** = excellent, à ne pas rater!)
Année: 2010
Réalisé par Eli Craig
Avec Tyler Labine, Alan Tudyk, Katrina Bowden, Jesse Moss, Brandon Jay McLaren


Si vous recherchez un film de série B franchement hilarant et qui use et abuse des poncifs de films d'horreur, "Tucker et Dale fightent le Mal" (titre français franchement pas mal pour une fois, j'adore la francisation du verbe "to fight") est fait pour vous et vos copains.

Tucker et Dale sont deux potes sérieusement hillbilly/redneck (bouseux ou péquenots), mais gentil comme des chatons. Tucker, qui vient de s'acheter une "maison de vacance" dans les bois (comprenez: une bicoque infâme qui tombe en ruine), embarque donc Dale, son ami timide et peu sûr de lui, pour la remettre à neuf et faire des parties de pêche.


Sur la même route, nous retrouvons une bande de joyeux étudiants dans la 20aine, parti faire du camping, se bourrer la gueule et autre chose aussi par la même occasion. On ne coupe pas à la tradition: les filles ont toutes une taille de guêpe et des seins opulents, sans parler de leurs tenues minimalistes.

Les chemins de Tucker et Dale et des students vont bien évidemment entrer littéralement en collision, alors que le lieu même de la "résidence de vacance" de Tucker et le terrain de camping des jeunots se trouvent pile sur le lieu du carnage de jeunes fumeurs de carpette perpétré 20 ans auparavant par un tueur hillbilly...

Tucker and Dale innove, si l'on peut dire, par le fait qu'il prend les choses à l'envers: cette fois, ce ne sont pas les rednecks en salopette qui vont faire couler l'hémoglobine à flot, mais bien la bande de jeunots, le tout sans le faire exprès, ou presque. On surfe donc ici sur la vague des clichés sanglants mais vu sous un autre angle et parfois, avec une explication tout à fait légitime. L'attaque à la tronçonneuse, à la hache, à la planche à clou, à la scie circulaire, au broyeur, au feu, bref, tout y est, mais ici, on se tape sur les cuisses et on se dit: "mais si ça se trouve, Leatherface il voulait rien que remettre de l'essence dans son outil et c'est les jeunes qu'ont rien capté!".


Point de vue casting, j'ai reconnu Tyler Labine (Tucker) qui jouait dans Serenity et Brandon Jay Mclaren (un des students) vu dans le terrible The Killing. Le reste du casting m'est totalement inconnu, mais chacun joue son rôle, et je pense que tout le monde s'est bien amusé. 

A regarder un dimanche aprèm juste après avoir vu Delivrance, genre...

Voici la BA, y a pas mal de spoiler (de gags) dedans par contre...

jeudi 13 septembre 2012

Albert Nobbs

Sun Stars: * * * * *
(Aucune = daube finie / * = mauvais / ** = pas mal / *** = plutôt bon / **** = très bon / ***** = excellent, à ne pas rater!) 
Année: 2012
Réalisé par Rodrigo Garcia
Avec Glenn Close, Janet McTeer, Mia Wasikowska, Aaron Johnson, Pauline Collins, Mark Williams, Brendan Gleeson


C'est assez rare que je donne 5 étoiles à un film. Il faut vraiment que ce dernier m'ait fortement plu/impressionnée pour se faire. Et je ne m'attendais pas du tout à ce que cela soit le cas avec Albert Nobbs.

Synopsis: Dublin, époque victorienne. L'hôtel particulier de Mme Baker accueille aristocrates et petite noblesse auprès desquels évolue servantes et majordomes en uniforme impeccable. Albert Nobbs est un de ces derniers, et le meilleur. Efficace, discret, attentionné, pointilleux, toujours tiré à quatre épingles, il pense à tout et à des attentions toutes particulières pour les clients habituels.

Albert Nobbs est aussi une femme.


Dès que le film commence, on sait déjà qu'il finira mal. Je ne suis pas une fan de happy ending, et clairement, ça ne pouvait pas bien se terminer, mais ça m'aurait bien plu quand même. Parce que Nobbs le méritait.

Albert Nobbs c'est aussi un moyen pour Glenn Close de nous rappeler qu'elle est une grande Actrice, avec un grand A. Elle est ici tout simplement éblouissante. Aucun de ses gestes n'est de trop, tout est d'une justesse incroyable, et la façon qu'elle a eu de modifier sa voix est tout bonnement époustouflante. Elle nous emporte avec elle au cœur de la vie de ce personnage torturé et malgré tout plein d'espoirs et de rêves. De même, il serait injuste de passer sous silence la performance de Janet McTeer, tout aussi exceptionnelle et bluffante.



Le film lui-même est un petit chef d’œuvre. Il aurait très bien pu sombrer dans le mélo facile, arrache-larmes, "c'est trop injuste" et tout le toutim. Mais la sensibilité de l’œuvre est telle que, bien que l'on soit emporté par l'histoire et les sentiments des personnages, jamais on ne se retrouve submergé, ce qui, à mon sens, est déjà plutôt fortiche.

La photo et les images, les costumes et les décors, auquels un soin particulier a été apporté, finissent de rendre le tout sublime, comme un très beau et ancien livre d'images.

Cette critique sera plus courte que d'habitude car je n'ai pas envie de spoiler le film qui recèle des scènes magnifiques qui emporteront votre cœur. De même, je ne mettrai pas de bande-annonce qui risque de dévoiler une grosse partie du film. Juste un conseil: regarder-le.

Seul point négatif: l'absence totale de bonus sur le Blu-Ray. Rien. Niks. Nada.  Dommage, et surtout incompréhensible.


mercredi 12 septembre 2012

Critique de film: Fright Night, cuvée 2011

Sun Stars: aucune
(Aucune = daube finie / * = mauvais / ** = pas mal / *** = plutôt bon / **** = très bon / ***** = excellent, à ne pas rater!)
Année: 2011
Réalisé par Craig Gillespie
Avec Anton Yelchin, Colin Farrell, Toni Collette, David Tennant, Imogen Poots, Christopher Mintz-Plasse


1985 a vu naître un des plus trop top film de vampires de ma génération: Fright Night (Vampire, vous avez dit vampire en français dans le texte). Je me vois encore, assise dans ma petite chambre bleue, sur mon lit à la couette rose avec mon coussin à tête de cheval en train de regarder ce terrible film. J'avais adoré.



Il y a à peine quelques semaines, la chaîne Plug RTL diffusait justement Fright Night. C'est ça qui est cool avec cette chaîne: tous les vendredi elle programme de vieux films d'horreur un peu pourri et/ou culte. J'étais joie. Haaa revoir Roddy McDowall jouer un Peter Vincent grimé pour un show télé et se retrouvant confronté à de vrais vampires! Et Chris Sarandon le Magnifique qui se transforme en Michael Jackson quand il devient vampire! Et cette musique! *gros soupir*

Du coup, prise de nostalgie, j'ai été sur Youtube histoire de trouver la musique pour la balancer sur Fessebouc. Et c'est là que ça m'a frappée en pleine tronche: il y avait eu un remake de Fright Night l'année dernière! Et avec Colin Farrell qui plus est! Dho!

Comme je peux compter sur Maguth dès qu'il est question de plan "film-nase", il m'a rapportée la chose en question le weekend dernier. Vu que je me faisais chier comme Hulk sans baston, je l'ai regardée. Et j'ai réussi à encore plus m'emmerder qu'avant le film. Incroyable.

Anton Yelchin (qui joue avec brio Chekov dans les nouveaux Star Trek et qui interprétera bientôt Odd Thomas) remplace ici William Ragsdale dans le rôle de Charley Brewster. Il fait de son mieux, y met du coeur, mais malgré tout, il en ressort un peu mollasson. Bien évidemment, le personnage de Charley est un peu mou à la base, mais j'ai eu l'impression qu'Anton Yelchin jouait un peu comme notre cher JCVD: monolitiquement.  

Et c'est qui le pigeon dans c't'histoire? 

Celui qui y met tout son coeur et qui s'en sort plutôt bien est Christopher Mintz-Plasse qui reprend le rôle d'Ed, interprété par Stephen Geoffreys en 1985. Le personnage geek et nerd à souhait d'Ed lui va comme un gant et il a l'air de s'être bien amusé pendant le film, à contrario de moi...

Toni Collette joue quant à elle la môman de Charley, rôle plutôt lambda sur lequel il n'y a pas grand chose à dire, et Imogen Poots prend la place d'Amanda Bearse en incarnant Amy, la copine de Charley, la petite blonde qui succombra au bô vampire. 

Prenez un chewing gum, Emil..ie.

Mais parlons plutôt de celui qui a osé prendre la lourde responsabilité de jouer Jerry Dandrige, le rôle phare oserai-je dire de Chris Sarandon le Valeureux: Colin Farrell. "Mais qu'est-ce qu'il est venu foutre là-dedans?" est la question que tout le monde se pose. Jerry Dandrige est un personnage ténébreux, hyper sensuel et sexuel, extrêmement attirant et très dangereux (tout l'inverse d'Edward Cullen quoi). J'avais un peu de mal à imaginer le Farrell dans ce rôle, mais après l'avoir vu en singlet avec son regard mêlant graou-chaton perdu-puma, je me suis dit que ça pouvait peut-être le faire. Malheureusement, Farrell a confondu Fright Night avec une pub pour de la litière pour chat vu qu'il passe son temps à siffler comme un félin en montrant ses dents. Ça le fait pas trop, c'est moi qui vous le dit. On a juste envie de lui balancer une boule de laine ou d'agiter une plume devant lui pour voir si il va jouer avec. C'est catastrophique. Le seul moment remarquable est lorsqu'il s'entaille le torse pour qu'Amy, devenue vampire, vienne lui suçoter le téton. Là, je dois bien le reconnaître, il dégouline de sexitude. J'ai même regardé cette scène 4 fois tant j'étais hypnotisée. Je met au défi n'importe quelle nana de mater cette scène et de ne pas avoir envie d'aller aussi lui téter le téton. 

Elle a dit qu'elle s'appelait Sheba alors...

Parmi tous ces gens, on retrouve soudainement David Tennant, ex-Doctor Who. A nouveau, cette même question: "Mais qu'est-ce qu'il est venu foutre là-dedans?". Car Jerry Dandrige n'est rien sans Peter Vincent. Le Peter Vincent de 1985 était un présentateur télé plus vraiment dans la vingtaine, ni même dans le trentaine ou la quarantaine, animant une émission dédiée au surnaturel. Le Peter Vincent de 2011 est une sorte de Criss Angel (le magicien punk-rock) chevelu devenu showman à Las Vegas et vivant dans une suite gigantissime avec une collection de bibelots et d'armes contre les monstres surnaturels. Autant David Tennant est crédible en Dr Who, autant, mis à part la scène où il se plaint de son pantalon en cuir qui lui gratte les gonades, il est plutôt pas terrible en Peter Vincent: vraiment trop caricatural, et pas dans le bon sens du terme. J'avais l'impression que le film aurait été pareil avec ou sans lui au final. Triste constat.

Si on m'avait dit un jour que je regretterais les Daleks...

Le film en lui-même est plutôt lent et morne comme les plaines du Nevada où la non-action se passe. Déjà, l'intro des personnages prend une plombe, ce qui a eu pour effet de m'assoupir dangereusement. Certes, quelques petites allusions à Twilight sont présentes pour qu'on puisse se foutre de la gueule du chef d'oeuvre de Stephenie Meyer et se dire que nous on regarde un "vrai" film de vampires, mais mis à part ça, c'est comme un flan démoulé et laissé à température ambiante trop longtemps: c'est plus très ferme et même quand ça bouge, c'est plutôt mou du blob.

La scène où Jerry danse et séduit Amy n'est pas présente dans la nouvelle version, du coup on a même pas droit à un remake de la musique "Come to me". Bouhou quoi. Puis surtout, Colin Farrell ne se transforme pas en Michael Jackson, ce qui est bien dommage. 

Chris Sarandon en pleine imitation de Michael Jackson dans Thriller

 On a bien sûr droit à la bouché béante et pleine de dents mais le coeur n'y est plus. Seul petit moment de joie: l'apparition plutôt fugace de Chris Sarandon le Flamboyant en guest star dans une scène qui dure 24 secondes. 

 Alors c'est toi qui reprend mon rôle? Nom de Zeus, quelle horreur!

Si le film tente des points d'humour, celles-ci tombent à plat comme moi quand j'avais 16 ans et que j'essayais désespérément de faire un beau plongeon à la piscine. Sans doute parce que le film, trop long et mou, a finit par avoir raison de ma patience et que vraiment, j'avais hâte que ça se finisse. Bref, un remake pas génial. Autant revoir l'original avec sa supair musique des années '80 avec ze best presque scène de fesses/morsure sensuelle du monde:



Les bonus du Blu-Ray, pour rester dans la molle-attitude du film, sont sans intérêt aucun. Des bloopers nases, des sois-disant conseils pour faire un bon film de vampire (ha ha, nan mais faut voir la poutre qu'on a dans l'oeil aussi, hein!), bref, regarder ça ou une pub pour une poudre à lessiver, c'est pareil.

 

En bonus, la supair musique de Brad Fiedel!

mardi 11 septembre 2012

Gods of the Arena

Surfant sur la vague de 300 (et nom de Zeus, j'ai même pas fait de critique de ce supair film!), nous avons eu droit à la série Spartacus en 2010. C'était pas mal, plutôt sympathique. Y avait de la fesse, du full frontal masculin (OUAIIIS!!) et du faux sang au litre virtuel. Malheureusement, l'acteur principal, Andy Whitfield, atteint d'un terrible cancer, a quitté ce monde fin 2011. Spartacus aura donc un autre visage dans la saison 2. Entre-temps, il y a eu Gods of the Arena. Et cette série là, elle poutre nettement plus que la première saison de Spartacus.


Dans Spartacus, nous suivions, ben, justement, Spartacus (ça tombe bien quand même). Fraîchement balancé en tant que gladiateur dans le ludus (école de gladiateur) de Batiatus et de sa femme Lucretia, il fera son petit chemin avant de décider que non, vraiment, c'est pas pour lui, c'est mieux d'être libre. Alors avec ses potes en slip pouilleux qui ressemblent à des bleu-blanc belch' (les potes, pas les slips), il décide de tuer ceux qui se mettent sur son chemin et de se tirer vite fait. 

Mais qui était donc Batiatus? Et Crixus, le champion de Batiatus avant l'arrivée de Spartacus, comment est-il arrivé là, et pourquoi fornique t'il avec Lucretia? Et pourquoi Batiatus se dispute t'il avec ce bon Solonius? Et comment Oenomaus est-il devenu Doctore et Ashur détesté de tous?

Tout cela, et encore plus, est révélé dans Gods of the Arena, une préquel à Spartacus en 6 épisodes qui dépotent de la rondelle. 

Tout commence alors que les combats de gladiateurs se passent dans une arène minuscule et vétuste de Capoue, alors que Batiatus tente désespérément d'attirer l'attention de la fine fleur de la ville sur son ludus afin d'obtenir de meilleurs combats, et donc plus de sous et surtout de gloire. Son champion, Gannicus, reste invaincu et profite des joies de ses victoires: sexe et alcool coule à flots, tandis que son ami Oenomaus, blessé lors d'un combat épique, se morfond en espérant un jour pouvoir refouler sable et sang au cœur de l'arène. Afin de s'attirer les bonnes grâces de Tullius, personnage important décidant de qui figurera au panel des combats de l'arène, et espérer ainsi imposer ses gladiateurs lors de combats plus importants, Batiatus achète à prix d'or un des esclave récalcitrant de ce dernier, Crixus. Mais ses manigances sont loin d'être payantes. Entre-temps, sa femme, Lucretia, accueille dans leur demeure une de ses anciennes amies, Gaia, veuve nymphomane, qui n'hésitera pas à leur prêter main (et poitrine) forte.

Les décors sont plantés, et contrairement à Spartacus qui a eu besoin de 2-3 épisodes avant de vraiment démarrer, nous n'avons aucun mal à nous laisser happer dans l'histoire de Gods of the Arena dès le départ.

Tout d'abord, c'est un réel plaisir que de revoir John Hannah camper cet abominable Batiatus que l'on aime tant  détester. Ce type porte littéralement la série sur ses épaules. Il réussit à ne jamais être agaçant ou lourdingue alors que son personnage est ignoble. Au contraire: on se prend à l'aimer, ce saligaud!

John Hannah auditionnant pour un rôle dans Basic Instinct. C'est Sharon Stone qui a eu le contrat...

Mais derrière tout grand homme, il y a une femme encore plus grande. Et pas n'importe laquelle dans ce cas-ci: Lucy Lawless, aka Xena la Guerrière, ou encore D'Anna Biers, la Cylon anorexique dans Battlestar Galactica. Elle bouffe littéralement l'écran par sa présence, sa voix, sa grâce et même sa fragilité. Elle incarne cette fois une Lucretia plus en nuance que dans Spartacus, encore un peu réservée, pas aussi flamboyante, mais chaque épisode la façonne un peu plus et l'on assiste avec joie à la naissance de cette femme puissante.

Le fantasme de tout nerd/geek: dans Spartacus, Xena enlève le haut. Alors oui, vous pouvez hululer comme elle.

Comme le petit Spartacus n'est pas encore de la maison, nous faisons connaissance avec Gannicus (Dustin Clare), le seul homme qui, à mon sens, réussi à porter des tresses blondes avec virilité. Sourire arrogant vissé à la face, il évolue sur le sable rouge des arènes avec aisance et exhibe son corps plein de boules bizarres pour notre plus grand plaisir... C'est son parcours que nous suivons dans Gods of the Arena, en paralèlle avec celui de Batiatus et de Lucretia.

Je suis torse nu pour mieux détourner l'attention de mon paquet 3 Suisses

Crixus (le bô Manu Bennette) a un rôle plutôt secondaire si pas même carrément tertiaire (ça se dit ça, un rôle tertiaire?) dans cet opus-ci de la série. On découvre un Crixus peu sûr de lui qui doit encore faire ses preuves et qui en chie des barres pour y arriver. On sait bien sûr que cela payera, mais en attendant, il est assez comique de le voir tout chevelu en train de se prendre des sacrées tatanes.

Mais oui, Manu, toi aussi tu pourras nous servir ton service trois pièces.

On retrouve aussi un autre personnage que j'aime particulièrement: le magnifique Oenomaus (Peter Mensah), qui jouait le rôle du pauv' messager dans 300 (sa ligne phare: "this is madness!"), et un autre qui nous inspirait aussi bien de la pitié que du dégoût dans Spartacus: Ashur (Nick Tarabay), qui maintenant ne nous inspire plus que du dégoût.

Le bô Oenomaus portant un sarouel. Pour cacher ses atouts majeurs?

Au final, Gods of the Arena surpasse de loin Spartacus: Blood and Sand, tout en apportant une brouette d'explications pour comprendre comment tel ou tel personnage est devenu tel qu'il est dans la série. Le scénario regorge de trouvailles et de plans machiavéliques, mais aussi et surtout de fesses, de bites et de sang. Faut le savoir: il y a autant de scènes de pèt que de combats, et les deux sont épiques, si pas carrément glauques parfois.

La photo et les éclairages sont tout bonnement magnifiques, sans parler des costumes qui sont splendides (peut on dire que le corps des gladiateurs est un costume?). Les effets spéciaux sont aussi plus soignés que dans Spartacus ou ils étaient parfois très faiblards.

L'un dans l'autre, Gods of the Arena est une excellente série qui est clairement à voir si vous avez aimé Spartacus, et même surtout si vous n'avez pas aimé Spartacus. Mais par la bite de Jupiter, autant vous le dire: ça nichone à mort là-dedans, mais y a aussi du FFM*! Wohooo!!

Point de vue bonus, le Blu-Ray en offre une belle pelletée, allant du faux reportage "on suit Lucy Lawless, hihihahahuhu que c'est drôle", aux explications émaillées d'interview des acteurs sur les décors, les costumes, les combats, etc, le tout plutôt formaté grand public mais pas mal quand même.

* FFM: full frontal masculin. Enfin on pense aux gonzesses! Vive Manu Bennett zapwoal!


lundi 10 septembre 2012

Critique de film: The Best Exotic Marigold Hotel

Sun Stars: * * * *
(Aucune = daube finie / * = mauvais / ** = pas mal / *** = plutôt bon / **** = très bon / ***** = excellent, à ne pas rater!) 
Année: 2011  
Réalisé par John Madden
Avec Maggie Smith, Judi Dench, Tom Wilkinson, Bill Nighy, Penelope Wilton, Ronald Pickup, Celia Imrie, Dev Patel, Tena Desae


Certains films nous séduisent juste parce que le résumé et le casting présage déjà du meilleur. Ce fut le cas pour The Best Exotic Marigold Hotel: une bande de vieux anglais retraités et ne sachant pas trop quoi faire de leurs vies se retrouvent en Inde, dans un hôtel pas vraiment top qui leur a été présenté comme un palace. Et il a suffit de dire "Bill Nighy" pour que je signe, vu que depuis Love Actually et son célèbre "Hiya kids. Here is an important message from your Uncle Bill. Don't buy drugs. Become a pop star, and they give you them for free! ", il n'a plus quitté mon cœur de monstre.

Joie donc quand Maguth l'a rapportée de sa chasse aux Blu-Ray.

The Best Exotic Marigold Hotel débute avec une intro rapide et concise des personnages principaux, alors je vais en faire autant:

  • Evelyn Greenslade (Judi Dench) est veuve et obligée de vendre son appartement pour palier aux dettes de son défunt mari. Refusant d'être une charge pour son fils et sa femme qui lui proposent de venir vivre chez eux, elle préfère prendre la tangente et partir au Best Exotic Marigold Hotel. Advienne que pourra!
  • Graham Dashwood (Tom Wilkinson) est un juge récemment retraité. Sa venue au Best Exotic Marigold Hotel semble être, au début, une envie de vivre autre chose. Ou de trouver quelque chose.
  • Douglas et Jean Ainslie (Bill Nighy et Penelope Wilton) sont un couple à la recherche d'un endroit où finir leurs vieux jours. Sans le sous, ayant tout investi dans le business de leur fille, ils ne peuvent pas s'offrir une maison digne de ce nom en Angleterre et tentent donc leur chance au Best Exotic Marigold Hotel.
  • Muriel Donnelly (Maggie Smith) est une vieille dame raciste à souhait qui doit subir une opération de la hanche. Afin d'éviter les 6 mois d'attente en Angleterre, elle accepte de partir en Inde pour y avoir une opération plus rapidement, et loger au Best Exotic Marigold Hotel.
  • Norman Cousins (Ronald Pikup) est un vieux séducteur qui aimerait encore aimé et être aimé, plaire et être désiré. Pourquoi ne pas tenter sa chance en Inde, en logeant au Best Exotic Marigold Hotel?
  • Madge Hardcastle (Celia Imrie) a littéralement fui sa fille et la famille de cette dernière, fatiguée de jouer la babysitter et espérant pouvoir encore conquérir les cœurs. N'ayant nul part où aller, elle atterri au Best Exotic Marigold Hotel.
  • Sonny Kapoor (Dev Patel) est le jeune manager du Best Exotic Marigold Hotel. Doux rêveur, il pense pouvoir remettre ce dernier en état alors qu'il est loin d'être un palace. Il se bat contre sa mère pour faire vivre cette utopie, et lui faire accepter Sunaina (Tena Desae) comme sa fiancée.

La première chose que l'on remarque, c'est le casting de ouf. C'est du lourd et du sérieux. Judi Dench nous emporte dès les premières images et nous fait basculer du rire aux larmes (ou presque) dès sa première scène. Tom Wilkinson m'a fait revivre Brokeback Mountain en une scène de moins d'une minute, boule dans la gorge comprise. Bill Nighy, bien sûr, nous fait rire rien qu'avec un haussement de sourcil, mais montre aussi qu'il excelle dans un rôle plus subtil et dramatique que du comique pur et dur. A côté de lui, Penelope Wilton est tout simplement bluffante et insupportable dans le rôle de sa femme névrosée et pétrifiée par ce changement de vie et de culture auquel elle ne se fait pas. Celia  Imrie déborde de glamour attitude en anglaise retraitée à la recherche d'un nouveau mari, tout comme Ronald Pickup interprète avec brio ce vieux monsieur à la recherche de l'amour. Et puis surtout, il y a Maggie Smith qui vole la vedette à tout ce beau monde avec son interprétation d'une raciste patentée envoyée au coeur de l'Inde. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis esclaffée avec ses répliques. Quant à Dev Patel, il montre ici qu'il peut être un très bon comique, à mille lieux de son rôle dur et difficile de Slumdog Millionaire.

Si The Best Exotic Marigold Hotel surfe parfois à l'extrême limite du gnagnan sentimental, il réussi cependant à ne pas sombrer dedans, nous offrant ainsi de belles scènes touchantes et même poignantes dans lesquelles on se laisse aller, et tant pis si c'est quand même un peu tire-larme. Mais c'est aussi et surtout l'humour de ce film qui est à retenir. Chaque personnage a droit à des répliques déjà cultes qui vous feront recracher votre Coca par le nez. Sans parler du jeu de ces acteurs millésimés qui n'ont pas forcément besoin de parler pour faire rire.

La représentation de l'Inde est ici faite par les images, mais aussi par Judi Dench en voix off, dont le personnage retrace son parcours sur son blog, ainsi que par le ressenti des autres résidants de l'hôtel. Une Inde pleine de vie, de couleurs, de bruits, d'odeurs qui assaillent les sens et les ravissent en même temps. Une Inde qui a charmé le personnage d'Evelyn et de Douglas, mais rebuttée Jean.


Toujours via Judi Dench et sa voix off, on touche ici aussi à sa propre vie et ses propres choix, car plus on vieilli, moins on ose. Oser bouger, changer, sortir de sa zone de confort, expérimenter de nouvelles choses. C'est ce que les personnages du film vont affronter. Une aventure pas comme les autres qui nous fait nous demander si nous, on oserait. Parce que parfois, rien que prendre un sandwich autre que l'habituel jambon-beurre peut devenir une expérience.

Le film parle aussi de l'amour et du désir qui doivent s'accommoder de la vieillesse et du corps qui s’avachit, de la solitude qui accompagne ces années, et de l'espoir d'avoir encore une chance d'être désirer malgré tout, que l'on soit homme ou femme.

Pour parler du Blu-Ray, les bonus ne sont pas géniaux: quelques brèves interviews des principaux acteurs, des explications laconiques sur les lieux du tournage, franchement rien de transcendantal.

The Best Exotic Marigold Hotel est au final un très bon film, du même gabarit que Love Actually oserai-je même dire. Un feel good movie avec un tout petit peu d'amertume et de drame, mais aussi et surtout beaucoup d'humour et l'envie de, peut-être, oser changer.


dimanche 9 septembre 2012

Odd Thomas

Quand Maguth m'a dit "tu dois lire ce livre, c'est Ghost Whisperer meets Nobody Owens et ça m'a foutu les larmes aux nyeux", je me suis dit que de fait, ça devait pas être mal, parce que pour faire tchouler Maguth, faut soit lui foutre le dernier épisode de Six Feet Under, ou lui montrer un article dans lequel un mec porte son chien dans ses bras dans un lac pour soulager son arthrite ou je sais plus trop quoi (et ça c'est la faute à Poupouille! On est devenu mou du dedans depuis qu'on l'a). Bref, faut y aller quoi.

Alors oui, j'avoue, moi j'aime bien la série Ghost Whisperer. Parce que je trouve Jennifer Love Hewitt trop choupi et qu'elle est super bien sapée dans c'te série à la noix.

Du coup, j'ai commencé "L'Etrange Odd Thomas" (odd signifiant étrange en anglais ça fait un peu doublon mais soit) y a même pas une semaine, et j'ai fini le second livre "L'Ami Odd Thomas" début de semaine. Et comme le dit Maguth (parce qu'il faut rendre à César machin bazar...) "Odd Thomas c'est Nobody Owens qui a grandi", sauf que c'est Dean Kootz qui est le papa d'Odd.


Odd Thomas, c'est un jeune gars de 20 ans qui n'a rien demandé à personne, qui aime sa copine comme un fou, et qui bosse dans un diner, préparant les meilleurs pancakes du monde, mais qui pense peut-être se reconvertir en poseur de pneu parce que ça a l'air moins stressant comme job. Accessoirement, Odd Thomas voit aussi les morts, et quand il le peut, il les aide à trouver la paix ou à obtenir justice dans certains cas. Mais ce n'est pas un vigilante. Il fait un peu comme Melinda Gordon de Ghost Whisperer: il se débrouille, et fait intervenir la police si il faut. Ça tombe bien, le chef de la police du petit bled où il vit est un ami et connait son étrange pouvoir. Tout comme Ozzie, son ami écrivain obèse à 11 doigts, Terri sa patronne au diner, fan d'Elvis Presley dont l'esprit hante la ville, et Stormy Llewellyn, sa petite amie avec qui il est prédestiné à vivre pour toujours.

Outre les fantômes, Odd voit aussi ce qu'il appelle les bodachs, des sortes d'esprits noirs attirés par la violence et annonciateurs de grands malheurs. Ors donc, un jour, Odd voit une horde de bodachs accompagner un étrange personnage. Tout ça sans parler du rêve extrêmement violent qu'il fait dans lequel une masse de gens sont tués. Le calcul est vite fait: tout est lié. Odd va donc devoir démêler le nœud de l'affaire afin d'éviter un massacre.

Comment décrire le premier livre en quelques mots? C'est un livre policier avant tout, avec une fameuse intrigue bien ficelée, une dose de fantastique, et une belle histoire d'amour dedans. Une fois commencé, il est difficile d'arrêter. Les personnages sont qui plus est très attachants, et je dois l'avouer, j'ai eu une fameuse boule dans la gogorge à la fin. Bref, ce livre a rejoint l'étagère "livres préférés" vite fait bien fait.

Il en est autrement du second livre, "L'Ami Odd Thomas" dans lequel un ami d'enfance d'Odd se fait kidnapper. Peut-être était-ce parce que pour moi, l'histoire aurait dû s'arrêter après le premier volume? Ou alors parce que j'ai trouvé l'intrigue du second volume vraiment plus faible et peu crédible? Il se laisse lire, mais n'est, à mon sens, pas du tout au niveau du premier livre.


En cherchant des images pour illustrer cet article, c'est avec une grande stupeur que je suis tombée sur le site imdb annonçant la sortie pour 2013 d'un film Odd Thomas réalisé par Stephen Sommers (a son actif: The Mummy, Van Helsing, G.I. Joe.. heu...) avec Anton Yelchin(Chekov dans Star Trek). Je ne sais pas trop ce que ça donnera, ça me fait un peu peur. Certes, Dean Kootz a affirmé dans un article être très content du résultat, il n'empêche...

lundi 6 août 2012

Batman - Année Un

Vu que notre dernière virée au ciné a tourné en cauchemar autoroutier, nous n'avons pas été voir le dernier Batman de Nolan, et n'irons sans doute pas au vu des mauvaises critiques qui fleurissent partout. On attendra bien sagement le Blu-Ray et je suis sûre que ça donnera très bien sur le projo.

Par contre, Maguth s'est procuré la nouvelle édition de "Batman - Année Un", paru pour la première fois fin des années '80, avec le film datant lui de 2011 inclu en bonus! Et je ne pense pas qu'on ait perdu au change.


Batman Année Un retrace en fait le parcours qui mena Bruce Wayne à devenir Batman, mais aussi, et surtout, l'histoire de Gordon.

Frank Miller signe ici le scénario, mais pas le dessin, qui fut réalisé par David Mazzucchelli, et la coloration à Richmond Lewis (qui est la femme de D. Mazzucchelli cela dit en passant). Un dessin "à l'ancienne", aux couleurs plutôt neutres qui change des comics récents ultra colorés et aux héros hyper bodybuildés.


L'intérêt de Batman Year One est qu'il est foncièrement humain. On découvre ici un jeune Bruce Wayne de retour d'un long séjour à l'étranger et désirant débarasser Gotham City de tout le vice qui y sévi. Mais il ne sait pas encore comment s'y prendre, se trompe, manque de mourir mais aussi de tuer, ce qu'il veut éviter à tout prix. Il est imparfait, clairement pas au point. Il est plus humain que superhéros. Plus que dans tout autre version de Batman.



Et puis il y a Gordon. Si il y a un héros dans Batman Year One, il s'agit de Gordon, que l'on découvre ici sous un tout autre angle. Un Gordon très loin d'être le pauv' flic démuni et un peu largué sans son super pote. Un homme foncièrement honnête, juste et droit que Gotham tentera de pourir par tous les moyens, mais qui a aussi ses défauts et qui sait se battre, et plutôt  bien. Un personnage beaucoup plus riche et plus profond que celui dépeint en général.

Le personnage de Catwoman est déjà là lui aussi. Une Selina Kyle anciennement prostituée-dominatrice, plutôt masculine, basé comme un porte-avion, à la coupe plus garçone que ça tu meurs et à tendance lesbienne plutôt prononcée. Pas Michelle Pfeiffer quoi.

Batman Année Un est vrai petit plaisir, car il nous offre un regard neuf et autre sur les débuts de Batman, un regard intensément humain et sensible, avec une certaine fragilité derrière toute cette force et cette détermination. On y retrouve la patte de Miller qui aime tant les héros forts, sans peur et avec peu de morale, mais si sensible (Marv, Hartigan).

Il en va de même pour le dessin animé réalisé l'année passée. Si le graphisme est certes plus moderne, l'histoire a été très scrupuleusement respectée et l'animation très bien réalisée.


La réédition de Batman Année Un contient donc cet excellent film, mais aussi des exemples de planches en devenir avec le script de Miller et les annotations de Mazzuchelli, et des explications sur le comment du pourquoi. Pourquoi, par exemple, Batman doit être vu comme un superhéros et non pas comme un vengeur masqué (voir mon billet sur le sujet où justement je me demandais ce qu'était Batman). Certes, Batman veut sa revanche sur celui qui a commandité le meutre de ses parents, mais c'est aussi et surtout parce qu'il ne veut plus qu'un enfant subisse ce qu'il a subit qu'il veut nettoyer Gotham City de sa fange.

Un bien bel album pour un superhéros mythique mais aussi sur celui qui est trop souvent en second rang: Gordon.

Au fait, Monsieur Miller, la prochaine fois, j'aimerais bien un album sur Alfred aussi, parce qu'après tout, c'est lui le vrai héros...

vendredi 3 août 2012

Blood will be spilled. Lives will be lost. Men will be ruined.

Quand Maguth et moi avons des désaccords qui virent en crise politique dûe au fait qu'il a utilisé l'éponge pour la vaisselle pour nettoyer le plan de travail (nous avons deux éponges et deux essuis: un pour la vaisselle, un autre pour le plan de travail, et non, on n'utilise pas l'un à la place de l'autre!) et que s'en suit un embargo de paroles, le lendemain, une fois qu'il s'est rendu compte que j'avais raison et que je dominais le monde, il ne m'offre pas des fleurs (parce que c'est périssable) ou de la bouffe (ça c'est quand je suis de mauvais poil), mais des Blu-Ray qui ont de fortes chances d'atténuer ma folie tyranique. C'est ainsi que "Hell on Wheels" a atteri entre mes doigts dodus.


Hell on Wheels est une série de la géniallissime chaîne AMC qui, après nous avoir fait redécouvrir les années '60 avec le flamboyant Don Draper des Mad Men, nous fait maintenant trembler avec The Killing (voir ce billet) - on passera sous silence l'abominable Walking Dead que je considère comme une trahison par rapport à l'oeuvre originale. Bref, une digne concurrente de la superpuissante HBO qui m'a plutôt déçue ces derniers temps (Games of Trone, Treme, Boardwalk Empire, séries encensées par la critique mais qui m'ont laissée de glace, si pas carrément emmerdée, ou encore True Blood avec son atroce cross-over de vampire-meet-fairy). Mais surtout, Hell on Wheels se passe en 1865, aux Etats Unis. Faites l'addition des deux et vous obtenez: Western! Le mot magique pour faire briller des étoiles dans mes nyeux de myope. Après Red Dead Redemption, Deadwood ou encore le magnifique The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford, j'étais en manque!

Hell on Wheels, c'est une ville, ou plutôt une ville-campement. Mais pas n'importe laquelle: une ville nomade, qui se déplace en fonction de l'avancée de la première voie ferrée transcontinentale des States. Une ville de tentes, de boue, d'anciens escalves, d'immigrés de tous horizons, de putes, de soldats. C'est au milieu de tout ce foutoir que débarque Cullen Bohannan (Anson Mount), ancien soldat confédéré (grey back comme ils disent) en quête de vengeance suite au meurtre crapuleux de sa famille par des soldats de l'Union. La trace de l'un de ces soldats l'ayant mené jusqu'à Hell on Wheels, il se mêlera à cette soupe humaine afin de le débusquer.


On comprend vite que l'histoire d'Hell on Wheels sera plus qu'une simple soif de vengeance d'un vigilente à chapeau de cowboy. Les relations tendues entre les anciens esclaves noirs affranchis et les blancs. Le rêve américain qui a poussé des immigrés à venir se perdre au mileu de plaines désertes en espérant devenir riche. La corruption qui fait avancer le chemin de fer tout en le menaçant, corruption présente du bas de l'echelle au plus haut niveau. Le bordel qui côtoie l'église dans laquelle le pasteur tente en vain de sauver les âmes perdues de ce campement boueux. La toute-puissance de l'armée américaine qui chasse les indiens natifs de leurs terres sans aucun respect. Tout cela se mélange et s'entre-croise pour former une histoire plutôt riche et intéressante sur fond de rail et de wagon.

La Benetton Team de l'époque, manque juste un blanchisseur chinois avec une longue tresse...

Point de vue casting, il n'y avait que Colm Meaney que je connaissais. Il jouait le rôle de Chief O'Brian dans la série Star Trek DSN et Next Generation. Il incarne ici le rôle de Thomas "Doc" Durant, l'homme sans scrupules qui finança l'avancée du rail (personnage ayant réellement existé) par tous les moyens.

Comment je suis trop sex depuis que j'ai tombé le pyjama de trekkies

Anson Mount, qui incarne Cullen Bohannan, est une sorte de Viggo Mortensen encore plus saxay malgré la crasse qui recouvre son visage et ses cheveux. Et quel regard! Bien évidemment, les costumes aident beaucoup à rendre classieux un pauv' mec dégueu. Surtout que j'adore la mode de l'époque, quelle soit masculine ou féminine.

Graou!

Mais la vraie révélation fut Christopher Heyerdahl dans son rôle du Suédois (the Swede) - alors que son personnage est norvégien. Chacune de ses apparitions est un chef d'oeuvre. Il mériterait un spin-off à lui tout seul.


Le Néo du Matrix Western

Common, ancien rappeur, joue avec assurance le rôle d'Elam Ferguson, ancien esclave ambitieux qui ne veut plus se faire marcher sur les pieds. Tom Noonan brille en révérend cherchant à sauver ses pauvres âmes perdues avant de perdre lui-même la raison (choose hate!), et nous retrouvons bien évidemment Wes Studi, l'acteur Native American incontournable, en tant que Chief Many Horses.

The circus is in town! Venez voir la dame aux seins géants!

T'as pété? 
Oui, désolé, c'est sorti tout seul... 

Hey how are you! (@President Baxter Harris)

Côté féminin, Dominique McElligott incarne la veuve (et géomètre!) Lily Bell, "the fair-haired maiden of the West", avec grâce et endurance, perdue au milieu de ce monde masculin et violent. Mais c'est surtout Robin McLeavy qui incarne la prostituée Eva, ancienne captive des indiens qui lui ont offert un tatouage classieux sur le menton, qui nous a beaucoup plue. Son tatouage est par ailleurs le même que celui d'Olive Oatman ayant réellement existée et dont Eva est fortement inspirée.

CAT FIGHT!

Hell on Wheels aurait pu être excellent. Malheureusement, soit le monteur est manchot et borgne, soit la qualité de l'image absolument bluffante n'arrive pas à boucher les lacunes scénaristiques. Les scènes jour-nuit se succèdent sans logique: un gars se fait choper à la nuit tombée, mais ce n'est que le lendemain matin qu'il est trainé dans le saloon pour se faire pendre, sans avoir subit de passage à tabac. On imagine mal la bande de rustres faire plusieurs fois le tour de la ville en trainant ce pauv' mec en attendant l'aube, tout ça en chantant "Dixie's land". Je ne vais pas spoiler les épisodes ici mais ce n'est pas le seul exemple.

On a aussi l'impression d'être parfois entraîné dans une direction pour revenir au point de départ avant de repartir en arrière. Comme si, lors de l'élaboration du scénario, une idée géniale avait été trouvée qu'il fallait absolument intégrer à la série mais qui, en un sens, risquait aussi de trop changer le fil de l'histoire. Du coup, l'idée était retenue, réalisée mais la finalité de l'épisode en prenait un coup, comme un soufflé au fromage qui dégonfle en une fois en faisant "pffrout". Ou alors les épisodes sont juste trop courts.

L'un dans l'autre, Hell on Wheels est une bonne série qui remplit bien sa fonction de divertissement et de dépaysement, rythmée qui plus est par une B.O. à damner un nichon. Elle donne une bonne idée aussi de ce que devait être la vie à cette époque: difficile, dure, sale, violente. La saison deux ne débutera que sous peu aux Etats Unis, et je suis curieuse de voir ce qui adviendra de Bohannan, Eva, du révérand Cole et de son protégé indien mais aussi et surtout du Swede.


Un petit jeu maintenant - reconnaissez-vous cet acteur de Hell on Wheels?


Bienvenue ici ! Welcome !

Un joyeux bordel et un véritable mic-mac de ce que j'aime (ou pas), avec photo, jeux débiles, sondages navrants, bref, ma vie quoi ;) N'hésitez pas à laisser un p'tit mot!
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