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vendredi 23 septembre 2011

Voyage au pays du wiener schnitzel - jour 5

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Samedi 17 septembre 2011

Je me réveille après une nuit de quasi insomnie malgré la fatigue de la marche d'hier et le stress de l'hospitalisation de Maguth. La rando, c'est fini pour ces vacances, Maguth devant rester au calme et bouger le moins possible.

Cela tombe bien car aujourd'hui, à 11.00, à lieu l'Almabtrieb à Neustift. L'Almabtrieb, c'est la transhumance, le jour où les troupeaux de vaches descendent des montagnes pour rejoindre les plaines et les étables afin de les préparer à passer l'hiver. Pour l'occasion, les vaches sont décorées et parées de leur plus beaux atours. Nous ne pensions pas pouvoir assister à cet évènement mais la chance, quelque part, est avec nous, vu que cela se passe en plus à Neustift.

En attendant 11.00, je promène Lucy, on prend le petit déjeuner et on vide notre jolie chambre. N'ayant réservée celle-ci que jusque vendredi vu que nous pensions à la base aller au parc Hohe Tauern après s'être baladé dans la vallée du Stubai, nous avions demandé à Karin si il était possible de rester dans sa B&B. Elle avait heureusement encore une chambre de libre, mais sans balcon et sans kitchenette et au rez-de-chaussée, notre chambre actuelle ayant été réservé par d'autres personnes arrivant ce samedi.

La chambre n°5 est située juste en dessous de la 2, celle où nous étions avant. Le balcon me manque cruellement, surtout que la journée s'annonce à nouveau belle et chaude. Mais soit. Pendant que Maguth reprend ses One Piece, je sombre dans un sommeil lourd, pour me réveiller à 10.50 en sursaut. l'Almabtrieb va commencer!

Nous sautons dans le veau, Maguth ne se sentant pas la force de descendre jusqu'au centre du village à pied, et nous garons vite fait bien fait sur le parking de la place du village avant de rejoindre la masse de gens alignés le long du trottoir, à proximité du centre musical, où un groupe local en costume de montagnard tyrolien entame une symphonie toute... heu... tyrolienne dirons-nous, au grand bonheur du monsieur taillant des edelweiss dans des bâtonnets de bois. La bière coule à flot dans la tente-mess prévue à cet effet.


Le temps passe. Nous nous mettons à l'ombre. Il est déjà 13.30 et toujours aucun signe des vaches. Les vaches autrichiennes ne sont pas ponctuelles. Quand enfin, une voiture de police se place en haut de la rue, tentant de bloquer la circulation, ce qui n'a pas beaucoup de succès vu le nombre de bagnoles et même de bus qui continuent de passer. 

On entend soudain un énorme bruit de craquement/claquement, avant de voir 3-4 hommes faisant virevolter un énorme fouet de corde dans les airs. Le bruit est assourdissant et Lucy n'apprécie guère. Les cloches des vaches retentissent enfin dans les rues. Elles arrivent!




Le défilé de l'Almabtrieb débute avec l'arrivée de deux damoiselles (vierges?) montées sur de jolis chevaux, suivies d'un cortège de marmots en culotte courte à bretelles et robe à la Heidi (oui je sais, Heidi est suisse mais c'est pour l'image quoi). Viennent ensuite les grands-pères sur leurs tracteurs...


C'est les papy à tracteur dans le fond là...


Les vaches arrivent enfin! Il ne s'agit évidemment pas de tous les troupeaux de la région, mais bien d'une petite partie pour célébrer la tradition et faire plaisir aux touristes - à nouveau majoritairement allemands.

Les vaches portent des décorations figurant des croix (quand je vous dis qu'ils sont hyper croyants là-bas), mais aussi des mini sapins de Noël, des guirlandes et de splendides colliers à cloche. Les cloches résonnent, les vachers crient (pas de yodle!), les touristes applaudissent, Lucy hurle (elle n'aime pas les vaches, c'est clair) et moi j'ai envie de bourrer le mou à une grosse dame qui se trouve toujours dans le champ de vision de mes photos.




Le troupeau qui défile provient apparemment de la région de la cascade de Grawa - cette cascade nous hantera décidément à tout jamais...



Deux courtes petites vidéos pour que vous bénéficiez de l'ambiance sonore :)


Le hurlement bizarre que vous entendrez au début de cette vidéo, c'est Poupouille qui tient à signaler qu'elle n'aime pas ça.



Après les vaches, viennent les chèvres...


Mais aussi les poules, les oies et un coq...


Tout ce beau monde est ensuite conduit vers un petit pâturage juste à côté du centre musical et la fête du village peut enfin commencer. 



Obligée de porter Lucy vu le monde qui la piétinerait sans même s'en apercevoir, nous pensons partir quand une effluve traitresse de bouffe à faire damner un saint vient nous titiller les narines. Car qui dit fête du village avec orchestre local dit bouffe locale! Je crois pleurer de joie. Des grandes tentes abritent du soleil de braves gens occupés à préparer des plats riches en protéines, vitamines et minéraux essentiels sur lesquels je fonce comme un colibri autrichien sur un balcon fleuri, si ce n'est que j'ai plutôt la carrure d'un ours...

Je décide de tout goûter! Envoyez moi les saucisses (qui ne sont pas des wiener) avec le petit pain et la moutarde mais aussi un petit bol de "tiroler gröstl" constitué de pomme de terre, oignon, bidoche et beaucoup de beurre parce que le beurre, c'est la vie. Un délice.

Et hop, quelques pommes de terre à mélanger avec juste 1.5kg de beurre...



Nous mangeons assis par terre, juste à deux pas d'une belle jeune fille qui tient un stand de fromage. Elle aussi je l'aime. 


J'achète pour 14€ de fromage à l'odeur tout sauf subtile avant de rallier la tente suivante vendant ce qui semble être une sorte de croustillon plat servi avec soit de la choucroute (hu?!) soit de la confiture d'airelles saupoudré de sucre glace. Il s'agit de "kiachl", typique de la région. J'opte pour l'option sucrée, un croustillon plat à la choucroute, c'est vraiment trop exotique pour moi. C'est un vrai régal malgré le fait qu'il y fait au moins 25°C, que le soleil nous brûle alors que je porte un pull épais (sans t-shirt en-dessous, j'apprendrai jamais) et que mon estomac est déjà plein de tiroler gröstl. La preuve, j'ai même pas pensé à prendre une photo de ce délice, donc voici une image du net.



Après avoir touché le paradis gastronomique tyrolien, nous reprenons le veau et revenons à la B&B. La petite chambre me frustrant trop, je décide d'aller sur la terrasse siroter un soda local qui traînait dans le frigo commun. Une sorte de jus de pomme doux à bulles. Le mari de Karin ayant décidé de nettoyer son garage au karcher (pollution sonore niveau 9), je décide de partir faire un petit tour avec Lucy, laissant Maguth se reposer devant le laptop. Je pense marcher juste une petite demi-heure, les coussinets de Lucy ayant été un peu irrités par la longue marche de la veille.

Il est 15.30. Je suis la route Obergrasse mais eu lieu de la descendre pour aller au village, je prend le petit chemin qui monte et qui rejoins la route forestière menant à la station du téléphérique Elfer depuis lequel je m'étais élancée en parapente. Le panneau indicateur mentionne 2 heures pour monter tout en haut. Je pensais atteindre Elfer avant de prendre le téléphérique pour redescendre mais celui-ci fermant à 16.30, je n'aurais pas la possibilité d'y parvenir à temps et devrais donc me résoudre à ne faire qu'une portion du sentier.

Le chemin longe une petite ferme avant de s'enfoncer dans des sous-bois. Le sol est inégal, plein de racines et de pierres. C'est comme monter un escalier avec des marches toutes différentes et toutes trop hautes. Je sue du tiroler gröstl et du kialch et me demande pourquoi j'aime m'infliger ça au lieu de rester avec Maguth à lézarder dans la B&B. Une fois la route forestière rejointe, la marche est nettement plus aisée. Je croise pas mal de gens qui descendent, aucun qui monte mis à part une grosse gonzesse sur une moto-cross. 

J'entends au loin des cloches quand soudain apparaissent des vaches! Un autre almabtrieb, un "vrai" cette fois, sans décoration ni orchestre. Juste pour moi. Je suis béate, Lucy est hystérique, ce qui intrigue la vachette noire qui vient voir de plus près ce qu'est cette petite boule rousse qui hurle avant qu'un vacher ne vienne la remettre au pas. Ils ne portent pas de bermuda à edelweiss mais des jeans ou des pantalons de travail et des chemises à carreaux.



Hilares de voir mon chien aussi perturbée, l'un deux me dit quelque chose dans son allemand autrichien qui est vraiment un dialecte bizarre. Il se fout sans doute de ma poire d'ailleurs.

Je continue mon ascension. Je dois être à mi-chemin quand, jetant un œil au ciel qui s'est fort couvert, je remarque des nuages bien noirs au loin. Connaissant la montagne et son climat extrêmement changeant, je décide de faire demi-tour à l'aise. Jusqu'au moment ou un coup de tonnerre retenti. Ça pue. Je me presse un peu plus et garde un œil sur le ciel qui se fait de plus en plus menaçant. Je descends en courant maintenant. Aucune envie de me retrouver sous un orage en pleine montagne, sans veste et en jogging pantacourt qui plus est (trop le style). Je fini par rejoindre "mon" almabtrieb et me calme, au moins si il m'arrive quelque chose, ils seront là pour aider la pauv' touriste chinoise en détresse avec son chien des villes. Je reprends le petit chemin dans les sous-bois, hyper casse-gueule en descente et franchi la porte de la B&B alors que les premières gouttes se mettent à tomber. Maguth, mort d'inquiétude, hésite entre m'engueuler et me faire un bisou. Il opte pour le second choix. Ouf. Ma petite promprom de 30 min a duré en fait près de 2h30. Oups.

Nous nous installons sur la terrasse pour regarder l'orage péter au-dessus de nous. C'est un petit orage qui passe bien vite.



Ce soir-là, nous décidons d'aller chercher des pizzas au resto italien pas loin de la B&B. Nous commandons deux pizza pepperoni, ail et salami et mangeons dans la salle commune dans laquelle Karin et ses parents (je suppose) boivent un verre en compagnie du couple âgé qui réside chez eux. Sûrement des habitués des lieux. Notre pizza est délicieuse mais fouette l'ail sévère. Maguth, blindé de médoc et d'antidouleurs costauds, a l'appétit en berne, tandis que mon tiroler gröstl et mon kialch tentent de faire de la place à la pizza. 

Je m'endors comme une marmotte sans m'en rendre compte vers 22.30, bercée par les voix japonaises de One Piece que Maguth regarde toujours...




Voyage au pays du wiener schnitzel - jour 4, partie 2

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Vendredi 16 septembre 2011, partie 2

Nous quittons la plateforme Top of Tyrol après avoir jeté un dernier coup d’œil aux sommets tyroliens et consulté la carte des chemins de rando du coin. Nous décidons de nous arrêter à la station Fernau / refuge Dresdner Hütte à 2.308m d'altitude pour rallier le lac Mutterberger, à 2.483m. Ce lac, je voulais le voir mais ne pensais pas pouvoir le faire, car je ne le croyais accessible qu'après une randonnée de 6 à 8 heures. Je constate avec joie qu'il ne faut "que" 2 heures à partir de la Dresdner Hütte pour y arriver. Il est 12.00, j'estime que nous arriverons au lac vers 14.30-15.00 avant d'entamer la descente vers la station Mutterberg pour y arriver vers 17.00-18.00.

Refuge Dresdner Hütte


La montée est rude, très très rocailleuse et le soleil tape dur. Mais bizarrement, j'aime cet état d'effort intense. Nous atteignons un petit lac après 45min de marche où Maguth m'attend. Notre rythme de marche est très différent: il marche rapidement mais fait des pauses, je marche plus lentement mais en continu. Maguth s'occupe aussi de Lucy, toute folle d'être en promenade non stop. 


Nous arrivons au sommet d'une petite crête et suivons les indications qui nous font redescendre le long d'une route d'entretien qu'empruntent les 4x4 pour rallier Mutterberg au Top of Tyrol. Mon cœur saigne à nouveau.

Le sentier bifurque après 20 min de descente ardue le long de cette route. J'ai mal aux pieds, mes chaussures de marche basses étant étroites au niveau des orteils, mon petit orteil vient s'écraser contre les parois de la chaussure à chaque pas descendant. Je regrette aussi de ne pas avoir pris mes chaussures de marche hautes car mes chevilles sont en train de morfler, mais depuis ma mésaventure aux Lofoten en Norvège en 2006 (cheville droite très sérieusement foulée suite à une glissage sur une plaque de verglas invisible, et ce dès l'arrivée), ces chaussures me font mal à la cheville droite justement. Quand on dit qu'en rando en montagne, les descentes sont souvent pires que les montées, c'est la vérité vraie les amis.

Nous nous octroyons une pause sur un banc très intelligemment placé face  une petite cascade et mangeons des biscuits avant de reprendre la route. Le chemin que nous voyons alors longe le versant d'une montagne. Les flèches indicatrices mentionnent 1heure de marche encore avant d'atteindre le lac.

Le sentier le long de ce versant de montagne est plus aisé, mais difficile pour moi à cause à nouveau de cette saloperie de vertige qui me prend les tripes sans raison ni logique. Je prend de profondes inspirations et me dis que je suis un Klingon qui n'a peur de rien. Je ne suis sûre d'aucun de mes pas et m'aide beaucoup de mes mains. Je bénis Maguth de s'occuper de Lucy, je n'aurais pas pu la tenir et continuer en même temps. Pour certains passages particulièrement rocailleux, je le vois même porter la Poupouille, car avec ses pattes fines, elle pourrait facilement se les casser. Cet homme est un Dieu.


La vue est belle, malgré la route d'entretien. On aperçoit Mutterberg en bas, l'arrière du glacier, et les montagnes aux versants de conifères. 


La dernière montée vers le lac, que je sens proche, est la plus dure, quand enfin je le vois. Petite déception. Je ne saurais vraiment dire pourquoi. Peut-être parce que le lieu est vraiment très rocailleux et donc très dépouillé. Je ne sais trop à quoi je m'attendais. Peut-être que ma vision des montagnes européennes a été trop influencée par celle des Rockies où nous étions en 2005. Tout y est plus grand, plus beau, plus sauvage. Serais-je devenue trop élitiste point de vue montagne?


Quoi qu'il en soit, le lieu est paisible. J'en profite pour tremper mes pattes meurtries dans l'eau glacée et Lucy lape l'eau d'un lac de montagne pour la première fois. Nous restons sur place une petite demi-heure. Il est 14.45, il m'a fallut 2h45 pour atteindre le lac, en comptant les pauses photo et bouffe (et un petit pipi). 


 Photo panoramique pris avec mon gsm, d'où l'image moins nette



Le panneau indicateur nous informe qu'il nous faudra 2 heures pour redescendre vers Mutterberg. Nous y serons donc vers 17.30-18.00, comme je l'avais prévu. Au détour du chemin, un paysage fantastique s'offre à nous: ce qui ressemble à une sorte de ruisseau sinueux est en fait un lac parsemé de lentilles d'eau de montagne ou autres végétaux aquatiques flottants. Voilà l'émotion que je voulais trouver. Je mitraille à tout va pendant que Maguth descend inexorablement.



La descente est ardue sur une portion du sentier, casse-gueule même parfois, la roche étant recouverte de boue et d'eau. Moi qui ai perdu tout sens de l'équilibre et de confiance en mes pieds depuis cette maudite chute aux Lofoten, je dois prendre sur moi et tenter de moins réfléchir au risque de ne plus avancer. La vue du chemin parcouru me rend fière par contre: j'ai vu le lac que je pensais inaccessible et malgré mon manque d’exercice, j'arrive à avancer sans trop de peine, même si j'halète comme un carlin asthmatique et que mes cuisses me traitent de tous les noms.


 Parti de la croix à gauche, nous avons contourné la montagne pour redescendre sur le chemin d'entretien pour ensuite remonter à flanc de colline.


A mi-chemin, le sentier de rando devient moins pénible. Nous sommes dans un paysage ressemblant presque à la Provence d'après Maguth, et franchissons quelques menues cascades. 


Alors que j'appelle Maguth, assis dans l'herbe à m'attendre, pour lui dire à quel point je me trouve lente, je le vois tourner la tête vers moi avant de tout à coup se jeter au sol en criant. Arrivée près de lui, il me dit "j'm'suis coincé un truc!" avant de se tordre de douleur sur le sol. Impuissante, énervée, apeurée, je lui crie dessus et lui dit de rester là, que je vais aller chercher du secours le plus vite possible (genre...). Il me dit non, semble se calmer, se relève et marche avant de s'écrouler à nouveau 10m plus loin, le souffle court. Le chemin d'entretien est à peine à quelques centaines de mètres, et la station Mutterberg est à portée de vue. J'estime qu'il nous reste 20min de marche avant de rejoindre la voiture mais ne sais si lui pourra y résister. Refusant toute tentative de ma part d'aller chercher du secours, il se relève, sert les dents et avance d'un pas constant, se retourne et me dit dans un chuintement: "elle est belle cette petite cascade, non?". J'ai envie de lui dire que j'en ai rien à branler de sa cascade de merde, que je suis super inquiète pour lui mais je me tais et lache un "hu?...". Je vois bien qu'il souffre le martyr mais il continue. Si moi je suis un Klingon, lui je sais pas ce qu'il est mais c'est encore plus fort. Une licorne peut-être?



Le parking est en vue. Je tente de courir. Mes petits orteils sont à vif et Lucy tire sur sa laisse, croyant à un jeu. Je balance toutes mes affaires dans le coffre, attache Lucy à sa ceinture de sécurité à l'arrière et fonce vers Maguth qui m'avait déjà rattrapée à pied. Même agonisant ce mec marche plus vite moi. Impossible. C'est un robot.

On fonce vers Neustift, à la recherche de l'hôpital, qui est en fait une caserne de pompier. Grâce à notre recherche d'une pharmacie hier pour l'achat d'un Cold Pack pour Lucy, je sais où se trouve les docteurs. Le temps de faire la file à l'accueil, d'aller chercher mon portefeuille et de revenir, Maguth a déjà été pris en charge par un médecin de 2m de haut (ils sont tous énormes ces autrichiens) moulé dans un jeans blanc. Il lui explique qu'il a une douleur atroce dans le dos au niveau de la poitrine et ne peut plus respirer. Station de ski et de rando oblige, le docteur a des notions d'ostéopathe/kiné et manipule Maguth pour le soulager. Rien n'y fait. Il me demande alors de sortir et allume son PC. Ça sent la radio.

Je sors et rejoins Lucy, un peu stressée, que nous avons laissée seule dans la voiture. Je m'assied sur un banc avec elle en attendant que Maguth ressorte. Je l'imagine venant vers moi en respirant un grand coup, me disant que ça y est, ça va mieux, il n'a plus mal, on repart voir la cascade de Grawa.

Malheureusement, ce n'est pas Maguth qui sort pour venir me chercher mais l'infirmière de l'accueil. Je tape Lucy dans la bagnole et cours voir Maguth. Il est assis sur la table d'auscultation et le docteur lui place un antidouleur en baxter. Il me dit qu'il l'envoie à l'hôpital à Innsbruk qui se trouve à 20min de Neustift en veau parce qu'il ne sait pas ce qu'il a exactement et ne veut prendre aucun risque. Maguth me dit que c'est peut-être une hernie discale. Je pense opération. Mon monde s'écroule. Les larmes se bousculent dans mes yeux. Il me dit de prendre Lucy et de l'attendre à la B&B, qu'il me téléphonera pour me tenir au courant mais que ça ne vaut pas la peine de venir avec lui. La réalité reprend sa place, je dois aller payer la consultation à l'accueil. Ma carte bancaire ne marche pas, je paye en cash, balançant les billets à l'infirmière alors que l'ambulance arrive. Ils l'emmènent et cette imbécile d'infirmière prend son temps pour me rendre la monnaie, plier la facture et me la mettre dans une enveloppe. J'ai envie de hurler et de lui arracher les yeux. Je cours voir Maguth. Ses pupilles sont dilatées et il plaisante. Il a moins mal. je me dis que l'antidouleur qu'on lui a donné doit être balaise. Je ne peux pas laisser Lucy seule dans la voiture sans savoir quand on reviendra donc je suis obligée de le laisser seul, lui. Il me rassure, me dit que ça ira et qu'il me téléphonera.

Ils partent. Je monte dans la voiture et laisse échapper un sanglot avant de me reprendre. Je rentre à la B&B. Je prend une douche car je ne suis pas fraîche après 6 heures de marche. Je fais les sacs au cas où on devrait partir le lendemain, si il doit se faire rapatrier, ou encore hospitaliser à Innsbruk. Je range et retire 5 fois les vêtements, pense à annuler l'hôtel de dimanche, à trouver un hôtel près de l'hôpital à Innsbruk, à téléphoner à ma mère.

Mon gsm sonne. C'est lui. Il vient d'arriver, il va passer d'autres tests et a eu sa firme au téléphone, l'assurance couvrira tout, y compris les 250€ du docteur privé et l'ambulance à 200€. La batterie de son gsm est à plat alors il va le couper pour pouvoir me retéléphoner quand il aura les résultats. Il est calme, moi pas. Il me dit de ne rien annuler et d'attendre un peu. Un robot licorne j'vous dis. Il raccroche et je me retrouve là, assise sur le bord d'un lit mou dans une chambre étrangère dans un pays étranger, avec un chien qui roupille et moi toute seule. Je craque. Entre deux crises de larmes je me dis que je devrais manger quelque chose car je n'ai rien dans le ventre depuis ce matin presque. Chasser le naturel il revient au galop. Je me force à avaler un biscuit. J'attends 30 min puis je lui téléphone. Répondeur. Je me fais des films abominables dans la tête et passe du stade bouhou-ouiouin au stade chuis forte j'ai été aux States quand j'avais 21 ans sans rien savoir de l'endroit où j'allais alors je peux survivre à ça. Je retéléphone 10 minutes plus tard et il décroche! Il prononce les mots magiques: tu peux venir me chercher s'il te plait? Je saute, je bondis, je jette Lucy qui en peut plus dans la bagnole, direction Innsbruk. Il est 20.00 et l'autoroute est blindée de camions, je déteste ça. Après avoir tourné en rond pour le trouver car il était toujours dans l'enceinte de l'hôpital, je récupère la deuxième moitié de mon cœur et nous retournons à la B&B après avoir acheté des sandwiches énormes à un Subway du coin. Pour éviter le péage, nous suivons une petite route de montagne qui nous offre une vue splendide sur Innsbruk illuminée de nuit, en presque pleine lune. La ville semble très jeune et bouge beaucoup, c'est vendredi soir et les pèpèttes sont de sortie.

Je dors très mal cette nuit-là...

Bon, et sinon, il a eu quoi exactement? Et bien d'après les médecins autrichiens, il se serait coincé un faisceau de nerfs entre une côte et sa colonne en se retournant. Rien de grave, mais ça fait très mal et ça va faire mal pendant encore quelques semaines. A ce jour, il a toujours très mal et a déjà été chez son ostéo qui confirme le diagnostique. Les nerfs étant enflammés, la douleur persiste. Il a rendez-vous encore ce vendredi 23 pour voir comment la chose évolue. J'espère que la douleur cessera vite, il prend clairement sur lui et ça me fait mal.

Mais bon, après tout, c'est une licorne robot...

Voyage au pays du wiener schnitzel - jour 4, partie 1

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Vendredi 16 septembre 2011.

Je me réveille à 07.00. Plus moyen de me rendormir. Tentant de faire le moins de bruit possible - ce qui m'est impossible - je me lève et écarte doucement les rideaux: il fait un temps splendide! Du coup, je décide de faire un peu plus de bruit histoire de réveiller Maguth l'air de rien: je me brosse les dents, je fais froutch-froutch avec des papiers, je secoue Lucy pour qu'elle baille en faisant "MiyyAaaaAaawwwnnn" et en étendant ses pattes sur les fesses de mon mec adoré.

J'ai réussi +/- mon coup: Maguth se lève à 08.00. Je sors Lucy vite fait pour son tour pipi-caca et profite de l'aube pour nourrir mes yeux de ces jolis paysages avant d'aller déjeuner.



Dans la salle commune, nous partageons aujourd'hui notre table avec un couple allemand de +/- 55-60 ans, vivant en République Tchèque. Ils parlent très bien le français et nous expliquent qu'ils viennent en vacances dans la région depuis 15 ans (!!!) et ont aussi une maison au Québec. Des p'tits pauvres quoi...

Au programme ce matin: le Top of Tyrol, une plateforme panoramique accessible en téléphérique culminant à 3.210 mètres d'altitude et avec vue sur le glacier, le Stubaier Gletscher.

En chemin, nous passons devant la cascade de Grawa, l'expédition avortée d'hier, et constatons que la dite cascade est en fait apparemment accessible directement via... un parking. On s'y arrêtera en revenant histoire de voir si c'est bien elle.

Nous arrivons au pied de la station du téléphérique vers 10.30, à Mutterberg à 1.750m d'altitude. Des bus de touristes vomissent déjà leur contenu allemand, mais peu de file à cette heure là. Vu que nous nous sommes fait un peu cramer par le soleil hier, nous passons vite fait par le magasin d'articles de sport de la station (qui est énoooormeuh) pour y acheter à un prix indécent un tube de crème solaire, des casquette de touriste "Stubaier Gletscher" et des lunettes de soleil pour Maguth.

La montée vers la plateforme se fait en trois étapes. La première passe par le refuge Dresdner Hütte / station intermédiaire Fernau à 2.300m, la seconde par la station Eisgrat à 2.900m avant d'enfin atteindre la station terminale d'où l'on peut se rendre à la plateforme.

La montée vers la première station nous fait découvrir une vallée encore verte, parcourue d'un petit torrent et très rocailleuse. Pas mal de gens sont en train de la descendre et quelques fous la montent à patte. La seconde partie de la montée voit notre enthousiasme un peu partir en couille: les pentes menant vers le sommet du glacier sont en fait des pistes de ski monstrueuses ponctuées de lacs artificiels, de canons à neige et de pelleteuses, snowcat et autres engins en train de niveler le sol pour préparer la saison hivernale. La dernière partie de la montée est pareille. La vision d'un glacier sauvage tel que nous en avions vu au Spitzberg vole en éclat. Je ne savais pas que l'endroit était LA station de ski de la région, j'aurais dû m'en douter pourtant, vu que tout est accessible en téléphérique... Arrivé à la station terminale, les sommets se dévoilent à nous mais le cœur n'y est pas. Cette montagne est totalement apprivoisée, humanisée. Maguth, qui réussit toujours à voir le positif, me dit que malgré tout, le reste du paysage est sauf. Il a raison, les autres montagnes sont intouchées, trop escarpées sans doute, ou alors les autrichiens savent conserver leur patrimoine au détriment d'une seule victime.



Nous montons sur la plateforme et mon vertige revient hanter mon estomac. Les marches menant vers cette plateforme sont grillagées, donc on voit le vide (pourtant la hauteur de la plateforme par rapport au sol n'est pas très grande). Pire encore, le sol de la plateforme est lui aussi grillagé. Je sens mes jambes devenir toutes flappy alors que hier je me jetais dans le vide avec un bout de tissu attaché au dos en souriant de toutes mes dents. Allez comprendre. La plateforme n'est pas très grande et on se bouscule un peu pour prendre des photos. A nouveau, je suis étonnée de voir que 99% des touristes sont allemands et ont clairement passé les 70 ans. Quelques rares personnes quittent la station à pied pour redescendre vers le plancher des vaches.


  La station Eisgrat avec les lacs artificiels, le téléphérique et les tires-fesses. Pas franchement un paysage montagneux de rêve...



 L'autre versant du glacier, pas franchement plus reluisant si ce n'est les sommets à l'arrière.


Top of Tyrol est une déception à laquelle nous aurions dû nous attendre, mais il faut laisser aux autrichiens le fait que tout est nickel et que de fait, les autres montagnes sont intactes.

Bienvenue ici ! Welcome !

Un joyeux bordel et un véritable mic-mac de ce que j'aime (ou pas), avec photo, jeux débiles, sondages navrants, bref, ma vie quoi ;) N'hésitez pas à laisser un p'tit mot!
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